‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 460 sur 489 · I . M">« Dupré de Saint-Maur · texte numérisé non relu

I . M">« Dupré de Saint-Maur

578 APJPENDiCE I

J'en ai cent fois entendu parler à mon père dans les termes les plus affectueux et qui peignaient le mieux la sympathie qui était entre leurs âmes et la sienne. J'accepte vos offres' et les leurs; elles sont trop honorables à la mémoire de mon père pour n'être pas reçues avec tout le respect et toute la tendresse possibles. Quelques académiciens contribueront avec plaisir à la dépense, mais nous ne pouvons pas faire beaucoup de fonds sur ces secours. Je ne puis même vous dire à présent jusqu'où s'étendrait leur générosité.

Je ne sais si les Français sont trop vains, mais nous croyons avoir à présent en France des sculpteurs aussi habiles que ceux de l'Italie ; on était même convenu du prix avec M. Lemoyne. C'est l'homme du monde le plus généreux et le plus désintéressé. L'Académie Française ayant désiré d'avoir un portrait de mon père^ et les peintres fameux de Paris ayant refusé de s'en charger, vu la difficulté de réussir avec le seul secours de la médaille frappée par les Anglais',

1. « Cet ami lui avait écrit que M" Cerati et M. l'abbé Niccolini, quoiqu'ils ne fussent point membres de l'académie de Bordeaux, voulaient s'associer à l'offre qu'il avait déjà faite lui-même de contribuer à la dépense d'un buste en marbre de M. de Montesquieu, qu'il ferait exécuter en Italie par un d;s plus habiles sculpteurs, pour être placé dans la salle de ses assemblées, et cela pour faciliter l'effet de la délibération que l'académie avait prise d'ériger un pareil monument, mais qui était arrêté faute de fonds dans la caisse de la dite académie. » (Guasco.)

2. c M. de Montesquieu ne s'était jamais soucié de se faire peindre et ce ne fut qu'après des difficultés infinies qu'il accorda aux instances de M. l'abbé comte de Guasco, qui était à Bordeaux avec lui, de se laisser tifer par un peintre italien qui passait par cette ville en revenant d'Espagne. Cet ami possède ce portrait, qui est assez ressemblant et le seuj qui existe fait d'après nature. Il m'a dit que le peintre assurait n'avoir jamais peint un homme dont la physionomie changeât tant d'un moment à l'autre et qui eiît si peu de patience à prêter son visage. » (Guasco.)

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