J.-B. DE SECONDAT A GUASCO
Lettres familières, p. 256.
De Bordeaux, le 23 mars ijôS.
Je n'ai pu lire votre lettre de Florence du 8 février sans le plaisir le plus sensible et la plus tendre reconnaissance. Je connais depuis longtemps de réputation M. l'abbé marquis Niccolini et Ms' Cerati.
et s'y enferma sous clef. M'"* d'Aiguillon revenue d'abord après dîner, trouva le secrétaire dans l'antichambre, qui lui dit que le P. Routh l'avait fait sortir, voulant parler en particulier à M. de Montesquieu. Comme, s'approchant de la porte, elle entendit la voix du malade qui parlait avec émotion, elle frappa et !e jésuite ouvrit: «Pourquoi tourmenter cet homme mourant? » lui dit-elle alors. M. de Montesquieu, reprenant luimême la parole dit : c Voilà, Madame, le P. Routh qui voudrait m' obliger à lui livrer la clef de mon armoire pour enlever mes papiers. > M"« d'Aiguillon fit des reproches de cette violence au confesseur, qui s'excusa en disant: «Madame, il faut que j'obéisse à mes supérieurs; » et il fut renvoyé sans rien obtenir. » (Guasco.)
La nouvelle édition fp. 222, note) ajoute : « Ce fut ce jésuite qui publia après la mort de M. de Montesquieu une lettre supposée adressée à Mg'' Gualtieri, alors nonce à Paris, dans laquelle il fait dire à cet illustre écrivain t que c'était le goût du neuf et du singulier [qui lui avait fait avancer certaines opinions], le désir de passer pour un génie supérieur aux préjugés et aux maximes communes, l'envie de plaire, et de mériter les applaudissements de ces personnes qui donnent le ton à l'estime publique et qui n'accordent jamais plus sûrement la leur que quand on semble les autoriser à secouer le joug de toute dépendance et de toute contrainte. » Le P. Routh eut l'imprudence de faire mettre un aveu si peu assorti au caractère de sincérité de cet écrivain dans la Gazette d'Utrecht, d'abord après sa mort. »