Jean-Joseph de .Secondât
(). Il était en réalité cousin du maréchal, dont ia mère, Suzanne de Secondât, était une soeur de Jacob de Secondât,
APPENDICE III Oo3
beaucoup d'esprit et de sens, et fort peu de bien, prit le métier des armes, entra fort jeune dans les gardes du corps. C'était pour lors l'école, comme aujourd'hui les mousquetaires. Je lui ai ouï dire que ...
Quelque temps après, il eut l'agrément d'une compagnie de cavalerie dans le régiment de Saint- Sylvestre. M. le prince de Conti sortit de France et alla en Hongrie'. Plusieurs officiers suivirent les princes et mon père — je ne sais comment, connu de M. le prince de Conti — les suivit aussi. J'ai oui dire à mon père que le Roi, sur les plaintes des Turcs que des princes de son sang se trouvassent dans l'armée de Hongrie, leur faisait écrire par M. le Prince des lettres accablantes, mais qu'il finissait toujours par ces mots: «Quoi qu'il en soit, mes neveux, je vous aime toujours. » J'ai ouï dire à mon père que le grand Sobieski écrivit à la reine de Pologne après la levée du siège de Vienne : « Vous ne me direz point, comme les femmes des Tartares disent à leurs maris: vous n'êtes point un homme, puisque vous ne m'avez rien apporté. »
Il fallait que mon père eût obtenu quelque considération dans l'armée, puisque, lorsque j'ai été à Vienne, j ai trouvé encore d'anciens officiers qui se souvenaient de l'avoir vu.
Mon père fut heureux, lorsqu'il conçut le dessein d'aller en Hongrie, de n'avoir point eu dargent. Il alla en Guyenne pour en faire et arriva plus tard que les autres. Tous les officiers qui avaient suivi les princes furent cassés; ce ne fut qu'après que mon