JACOB VERNET A MONTESQUIEU
Ce 20 septembre 1748.
Ne vous mettez pas en peine, Monsieur, de m'envoyer la préface, comme je vous en priais il y a six jours; elle s'est retrouvée chez le libraire, à qui M. Mussard l'avait remise avec le premier cahier. Le père Barrillot, qui l'avait reçue, étant mort, le fils n'en avait aucune connaissance; M. Mussard ne s'en souvenait point et moi je ne l'avais jamais vue. Ainsi rien ne nous manque et dans moins de quinze jours tout sera fini. Je vous proposais de permettre que j'offrisse un exemplaire à M. de Ghampeaux et
ho CORRESPONDANCE
un à M. Cramer de mon chef et vu mes relations avec eux, encore pourtant qu'ils pourraient bien comprendre que c'est vous qui ne voulez point paraître.
Le moyen d'avoir de quoi faire une étrenne aux garçons imprimeurs et en même temps de faire coudre à vos frais les exemplaires à donner, c'est de me faire donner par le libraire, en argent, la valeur de deux exemplaires pour votre compte, moyennant quoi il y aura de quoi tout acquitter.
M. Mussard est parti hier pour Dijon, afin de terminer avec M. de Saint-Contest ' l'arrangement territorial auquel il travaille depuis longtemps.
Je pense qu'il serait pourtant bien étrange que vous n'eussiez pas un exemplaire de votre ouvrage, ne fût-ce que pour voir comment il est exécuté. Celui de M. Burlamaqui vous en donnera l'idée. Qui voit l'un voit l'autre pour le papier, le caractère et la correction.
J'ai l'honneur d'être, avec un entier dévouement, votre très humble et obéissant serviteur.
J. Vernet.
P. -S. — Il me semble que la concession faite par justinien aux Francs ne regarde que quelques terres que les Goths d'Italie avaient en Provence et que l'Empereur abandonne volontiers aux Français, afin qu'ils ne donnassent pas de secours aux Goths ^
1. Fr.-D. Barberie, marquis de Saint-Contest (i 701-1754), chargé en juillet 1749, de négocier pour le gouvernement français la délimitation entre la France et Genève.