MONTESQUIEU A JACOB VERNET
Mémoire historique sur la vie et les ouvrages de M. J. Vernet. . .
(Paris, 1790, in-80), pp. 29-30.
[Octobre 1747.]
A l'égard de V Invocation aux Muses-, elle a contre elle que c'est une chose singulière dans cet ouvrage
oublié de le brûler et le jeta aussi au feu, ce qui nous a privé de l'histoire d'un règne des plus intéressants de la monarchie française, écrite par la plume la plus capable de le faire connaître. Le malheur n'est point arrivé dans sa dernière maladie, comme l'a avancé M. Fréron, dans ses feuilles périodiques, mais de l'année 17^9 ou 1740, puisque M. de A[ontesquieu conta l'accident qui lui était arrivé à un de ses amis, à l'occasion de l'impression de VHistolre de Louis XI, par M. Ducioa, qui parut quelque temps après, l'an 1740. » (Guasco.)
Il ne reste de ces recherches de Montesquieu sur Louis XI, que les fragments publiés dans Laboulaye, II, p. 377, et dans les Pensées, I, 338-348. — M. H. Barckhausen {Montesquieu, ses idées et ses œuvres d'après les papiers de La Brède. Paris, Hachette, 1907, in-12, p. 3?9) a très vraisemblablement soutenu que les travaux de Montesquieu sur Louis XI devaient se borner à ces quelques notes, et que le manuscrit brûlé n'avait jamais existé que dans l'imagination de Fréron et dans celle de Guasco.
1. «Étant parti de Bordeaux, il profita de l'absence de M. de Montesquieu pour parcourir en détail les provinces méridionales de France, d'une mer à l'autre, et jusqu'au centre des Pyrénées, pour y connaître les savants, les académies, les bibliothèques, les antiquités, les ports de mer, les productions propres à chaque province et l'état du commerce et des fabriques, ce dont il a conservé des mémoires très intéressants. » (Guasco.)