‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 95 sur 489 · BARRILLOT FILS A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

BARRILLOT FILS A MONTESQUIEU

Original. Arch. de La Brède.

Genève, ce i5« février 1749.

Monsieur,

Il y aurait longtemps que nous nous serions acquittés du devoir que nous vous rendons présen-

I. Mégret de Sérilly, maître des requêtes, intendant de Franche- Comté.

tement, sans les tristes obstacles qui nous ont privés de cet honneur. Si nous avions à faire agréer nos excuses à un seigneur qui ne connût pas autant que vous, Monsieur, les sentiments de l'humanité, nous croirions bien inutile de lui représenter que la longue maladie et la mort d'un père chéri' fut si sensible à son fils, qui a l'avantage de vous écrire, que le chagrin le fit tomber dans une langueur qui a duré plusieurs mois.

De ce malheur dérive, Monsieur, celui de n'avoir pas exécuté selon nos désirs et le plan que nous en avions formé l'envie de vous satisfaire par la première édition de votre excellent ouvrage. Nous vous supplions par votre générosité de nous passer ces manquements à votre égard en considération des circonstances qui les ont causés et de nous continuer vos bontés pour la seconde édition que nous avons été obligés d'accélérer sur l'avis que l'on nous a donné qu'il s'est fait en France des contrefaçons sur notre première.

Nous avons, suivant vos ordres, distribué et distribuerons le premier errata à toutes les personnes qui ont acquis de nos exemplaires; nous nous en sommes servis ensuite pour rendre la seconde édition plus correcte; le deuxième n'étant arrivé qu'après que Timpression était déjà commencée, nous n'avons pu l'y faire entrer qu'en partie. M. le professeur Vernet, qui jusqu'à présent a bien voulu se charger de vous parler pour nous, nous avait promis de votre part, Monsieur, un troisième que nous attendions avec empressement, ainsi que

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