‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 111 sur 433 · BERTHELOT DE DUCHY A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

BERTHELOT DE DUCHY A MONTESQUIEU

Original. Arch. de La Biède.

A Paris, le 19 juillet 1725.

L'amitié, Monsieur, se paye par l'amitié. Quand mes amis me paraissent indifférents, je fais semblant

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de l'être, mais quand ils se souviennent de moi dans les choses agréables qui leur arrivent, je les aime de tout mon cœur, et voilà précisément où vous en êtes aujourd'hui avec moi. Vous venez de procurer à M. votre frère un noble établissement; vous m'apprenez que M'"'' de Marans. pour qui vous connaissez mes sentiments, et M. deValcourt, mon parr.nt, y ont contribué. Voilà des circonstances agréables, qui me rendent la chose aussi précieuse que si elle me regardait personnellement, et c'est avec un plaisir infini que je vous en fais mon compliment.

Mais, ne serez-vous point surpris que je me serve d'une main étrangère pour m'acquitter d'un pareil devoir? Apprenez mes raisons et justifiez-moi auprès de vous-même. Je suis accablé de lettres. Je ne veux pas différer de vous remercier de votre obligeante attention. Je pars demain pour Belébat avec une dame convalescente', M. Amé et M. de Rangueil, et enfin vous êtes si bien raccommodé avec moi que je croirais vous offenser en vous traitant avec cérémonie. Mes lettres faites, je n'aurai plus qu'une affaire à Paris, ce sera de souper chez M. de Montchesne avec M. et M""^ de Courson. Je porte votre lettre avec moi, pour être mieux reçu de la compagnie et soyez persuadé qu'elle ne se séparera pas sans boire à votre santé. Cependant je suis déjà chargé de vous faire des compliments de M""' et de M""' Bégon - et de M. et M""^ de Montchesne et de vous dire que nous attendons votre retour avec beaucoup d'impatience. Je n'ai point vu M"^ Millet depuis plu-

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