Le P. L. -Bertrand Castel, jésuite
lOO CORRESPONDANCE
ne puis vous oublier, mais de mon long silence à votre égard? J'en suis tout confus; il y a beaucoup de ma faute, puisqu'une connaissance comme la vôtre doit être cultivée avec moins de philosophie, et plus de zèle et même d'importunité.
J'ai eu cependant une raison pour garder ce silence : je savais que vous pensiez à retirer votre lils' du Collège-, et je craignais de vous paraître suspect, de quelque manière que je vous écrivisse là-dessus : car, si je vous écris que vous faites mal de le retirer, vous avez lieu de croire que je regarde plus les intérêts du Collège que les vôtres; si j'applaudis à votre dessein, ce seront mes propres intérêts qui me rendront suspect, surtout M'"^ la marquise de Pons m'ayant déclaré que dès que M. votre fils serait parti, elle ne voulait plus de jonction, ce qui diminuerait mon emploi de la moitié. J'attendais donc que M. votre fils fût parti ou que vous eussiez pris votre dernière résolution pour avoir l'honneur de vous dire ma pensée. La voici. Monsieur, avec toute la naïveté dont un Languedocien est capable, je dis un Languedocien non de Toulouse, mais de Montpellier 5.
Je n'insisterai pas sur l'intérêt du Collège, dont je laisse au P. Principal et au P. Procureur de se charger. Je ne parle que du vôtre, après avoir dit un mot du mien, qui est en général de n'avoir que deux écoliers plutôt que trois, un seul plutôt que deux, point plutôt qu'un ; car, vous voyez bien, Monsieur, que plus on en a, plus on a de soins, de sollicitude,