Le Père Castsl était né à Montpellier en iGsJS
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d'embarras, de cliaojrin, de perte de temps. Or, je suis assez occupe d'ailleurs. Dieu merci, de sorte que, quand on me dit que le fils de M. Duvigier devait être joint au vôtre et à celui de M. le marquis de Pons, mon parti était pris de quitter la place, comme je le déclarais à M""' la marquise de Pons. Je vous dirai même avec une égale franchise que, quand M. votre fils fut joint au chevalier de Pons, il n'y eut précisément d'autre motif qui m'empêchât de céder la place, que l'avantage que je trouvai à mériter l'honneur de votre amitié par les petits services que cette jonction me mettrait à portée de vous rendre.
Vous voyez donc bien. Monsieur, qu'à ne regarder que mon intérêt, je ne balancerais pas un moment, à l'égard de tout autre, à applaudir à votre dessein de retirer M. votre fils. Mais je n'entre dans ce détail que pour vous faire sentir combien je suis croyable dans le conseil que je prends la liberté de vous donner de laisser ici cet enfant. J'avoue que je ne laisse pas d'avoir un intérêt, dans ce conseil; je me suis fort affectionné à cet enfant et il me donne d'ailleurs si peu de peine que c'est presque comme si je n'en avais qu'un. Mais le principal intérêt, c'est l'honneur de cultiver votre connaissance, et, si vous me le permettez, votre amitié, et, si j'en étais capable, votre estime. Mais ne regardez que l'intérêt de l'enfant et le vôtre : ce n'est rien pour votre fils que d'être auprès de moi, mais je crois que c'est beaucoup, en général, que d'être ici; vous savez les raisons que vous avez eues pour l'y mettre, il me semble qu'elles subsistent. Voilà au moins le fait. Il se porte bien et très bien, et n'a point eu ce qui
s'appelle de maladie sérieuse. Au commencement, il avait toujours quelque petite maladie, qui, j'ose le dire, partout ailleurs eût pu devenir considérable, dans un endroit parce qu'on l'aurait négligée, dans un autre parce que l'on l'eût veillée de trop près. Je Vaime assez pour ne le perdre jamais de vue, mais je ne Vaime pas assez, c'est-à-dire je Vaime trop bien pour l'étoufifer de caresses et de douceurs, et de drogues et de tracasseries maternelles. Mon grand secret est de prévenir le mal, par une grande médiocrité de toutes choses. Du reste, il est gai, content, se divertit, joue, saute, dort, mange et toutes les fonctions se font à merveille. A peine vivait-il lorsque vous me l'avez donné, toujours engourdi, pesant, sérieux, taciturne, passant les cinq jours sans verser seulement de l'eau. Vous savez que mon grand système est la circulation; or la voilà bien rétablie dans ce petit corps et je n'y vois plus d'obstruction ni d'engourdissement. Telle est la force de l'action libre des hontmes. Aussi cet enfant croît-il à vue d'œil, la nature n'étant plus chez lui occupée à autre chose.
Voilà pour la santé et le corps. Pour l'esprit, il en va d'autant mieux. Il 3' a un an que vous le fîtes monter en sixième; il a un peu traîné en cinquième, mais, depuis Pâques, il est des premiers. Il a eu un prix à la tragédie, et vient d'avoir le premier prix dans sa classe à la dernière composition; de sorte que, si vous le vouliez, il pourrait après quelques mois de quatrième aller en troisième et gagner une nouvelle année. Ce serait mon intérêt, parce que, le chevalier et lui étant en même classe, je n'aurais qu'un devoir à corriger, au lieu que j'en ai deux.
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Mais je ne vous le conseille pas. Il est si jeune, et sa santé pourrait en être surchargée.
V^oilà pour l'esprit; que vous dirai-je de l'âme? C'est un petit ange, un petit agneau, il n'a point de vice. Je ne vous dirai pas cependant qu'il n'en ait bien les semences comme un autre ; mais, Dieu merci, je puis me rendre cette justice que je ne le gâte pas. Il ne donne point lieu à une grande sévérité et je n'ai pas eu l'occasion de le punir en aucune sorte, si ce n'est quelquefois en paroles et en réprimandes. Mais je sais bien qu'il me craint autant qu'il m'aime. Ses plus grandes fautes sont quelques petits mensonges, sur quoi il est fort amendé. Voilà tout. Du reste, si sa mère et sa grand'mère veulent le voir, cela est assez raisonnable. Voilà les vacances ; donnez-le leur pour un, deux ou trois mois. Seulement je crains, entre nous, que M""" de Pons ne prît cette occasion pour rompre la jonction, pour raisons que je puis vous dire de vive voix.
Venons à autre chose. Nos journaux' seront fort honorés de tout ce que vous voudrez y mettre, et je vous prie de ne pas différer à m'envoyer quelques morceaux de votre ouvrage-. Je serais d'avis que vous missiez un premier ou tout autre chapitre, comme un essai pour pressentir le public. Mais il faudrait une petite lettre préliminaire où vous développassiez votre plan. Je suis impatient de voir cette ébauche et beaucoup plus tout l'ouvrage; ne différez, je vous prie, de me donner cette satisfaction, et trouvez bon que je vous importune de mes lettres