‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 117 sur 433 · LE PÈRE CASTEL A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

LE PÈRE CASTEL A MONTESQUIEU

Autographe. Arch. de La Brède.

Monsieur,

Je vous envoie le premier tome du P. Latitau' ; je souhaite que vous en soyez content, car je m'intéresse bien autant pour cet ouvrage que pour le mien, et c'est l'estime qui en décide. Le système du P. Lafitau m'a ébloui à un point que je ne saurais exprimer.

Pour ce qui est des pièces que nous souhaiterions que vous nous fissiez l'honneur de nous communiquer pour en embellir notre journal, il n'est pas question d'ouvrages imprimés. Plût à Dieu que vous puissiez vous résoudre à imprimer! Mais nos journaux, comme vous voyez, contiennent quelque chose de plus que des extraits; lettres, dissertations, objections, tout est bon, je dis : tout est bon de votre part. Il n'est pas [possible] que vous n'ayez mille naissances de systèmes, d'ouvrages, de plans, sur lesquels vous aimeriez à pressentir le goût du public; une idée passagère même est bonne à donner. M. Leibniz n'a presque rempli les journaux de Leipzig que d'idées passagères, que de projets, que de promesses; c'est pourtant ce qui a porté son nom si haut, car il n'a jamais fait d'ouvrage suivi et étendu autre que la Théodicée, qui n'est pas après tout si sublime. J'ai une idée que j'aurai l'honneur de vous proposer à loisir et qui pourra peut-être

I . Mœurs des sauvages comparées aux mœurs de L'ancien temps. 172!?, 2 vol. in -4°, et 1724, 4 vol. in- 12.

DE MONTESQUIEU I iS

VOUS plaire. Je suis avec respect, estime et attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Castel, jésuite.

A Monsieur, Monsieur le Président de Montesquieu, me de Beaune, — à Paris.

82. — LE COMTE DE MATIGNON- G ACÉ A MONTESQUIEU. Autographe. Arch. de La Brède.

A Paris, le 21 août 1725.

J'ai reçu, mon cher Président, votre lettre du 5 de ce mois, dont je vous suis très obligé, étant toujours très sensible aux marques d'attention que je reçois de votre part; il est vrai que j'avais parlé à M. de Saint - Florentin ' de l'affaire dont vous m'aviez chargé auprès de M. de LaVrillière- qui était malade dans ce temps-là ; c'est peut-être sur cela quil vous a écrit; je l'ai remercié de sa politesse et de son attention. Le Roi est parti ce matin pour Fontainebleau, et le mariage se doit toujours faire le 5. Je pars demain pour y aller; si je vous y suis bon à quelque chose, vous n'avez qu'à ordonner, me faisant un plaisir extrême de trouver les occasions de vous plaire et de mériter la continuation de votre amitié. Adieu, mon cher Président, je vous aime et embrasse de tout mon cœur.

Matignon .

A Monsieur, Monsieur de Montesquieu, Président à mortier au Parlement, — à Bordeaux.

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