Sarrau de Vésis
2. Montesquieu désirait vendre sa charge à vie au preneur, avec clause de retour à son fils Sscondit. — Le 23 juillet 1726, d'Albessard obtint les provisions de la charge de Montesquieu et mourut en 1747. Le 4 août 1748, après le refus de Sicondat, Montesquieu vendit sa charge définitivement à André-François Leberthon, pour la somme de i3o.ooo livres (quittance finale du 22 juillet 1734. Arch. de la Gironde, 3 E 12 191, p. 840).
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par sa lenteur et ses ménageries la charge de M. de Gourgues, qu'il se pressera d'aller présentement et d'aller bien ; c'est le meilleur présent que vous puissiez faire au banc, et d'ailleurs on pourrait laisser dans un marché, s'il en était besoin, beaucoup de choses sur la foi d'une de ses paroles d'honneur, au lieu que pour les autres dénommés à peine les contrats sont-ils assez serrants. J'ai dû tâter La Tresne; il consent sans peine de rendre sa charge après la mort, mais il ne veut la remettre pendant sa vie ; j'eus beau lui représenter que n'ayant point d'enfants, il était trop heureux de trouver une charge à ces conditions; qu'il devait espérer la première présidence avant vingt ou trente ans de présidence; ou qu'il serait si dégoûté au bout de ce temps de fonction publique, qu'il serait ravi de la remettre; que, s'il avait des enfants, il pourrait pourvoir à loisir à leur acheter une charge de président, au lieu que, s'il ne prenait celle-là à présent, il ne pouvait espérer pour lui : toutes ces raisons furent inutiles; il me dit toujours qu'il ne passerait la condition que de cette façon. Il écrira à son père pour lui parler de cette affaire qu'il a fort à cœur et me remettra incessamment les propositions de son père pour la quotité de la rente. Je le pressai de n'avoir qu'un mot pour le prix, d'autant mieux que cette charge serait mise comme aux enchères, et que Brassier et d'Albessard seraient ses concurrents et qu'ainsi il n'hésitât pas à faire d'abord bien les choses; il me le promit, et, samedi, je vous enverrai la réponse; au reste, je lui ai dit, comme M. Vésis et moi le dirons à tous ceux avec qui nous parlerons de cette vente, que ni les uns ni les autres ne seront
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engagés par les propositions qui se feront de part et d'autre, en sorte que le vendeur de la charge ne sera lié par rien, jusques à ce que lui ou nous ayons donné une parole positive de sa part; et que la liberté ira si loin que le vendeur, jusques à ce moment, pourra dire qu'il ne veut pas vendre sa charge et l'acheteur aussi qu'il ne veut pas l'acheter.
Nous nous conformerons autant qu'il se pourra au contrat de M. de Gourgues; vous et nous n'avons pas l'orgueil de croire faire un marché mieux que l'évêque de Bazas ' ; les temps sont différents; mais le nombre des concurrents est égal et ils sont encore plus piqués présentement. Ne croyez pas que ceux avec qui nous traiterons ne devinent qui est le vendeur; la qualité des entremetteurs et la situation du Parlement rendent ce secret impossible; mais, en leur laissant deviner, nous les forcerons au secret par leur propre intérêt. Je ne puis vous faire une lettre plus longue et m'en remets pour le reste à M. Sarrau; nous concerterons toutes nos démarches ensemble et nous vous en rendrons compte courrier par courrier.
Le président Lalanne arriva samedi; il est tombé malade, mais la Tournelle est présidée par M. Le Berthon, et les affaires commencées avec lui iront jusques à Pâques. Chazot% receveur du Bureau, beau -père de Duplessy, fit hier banqueroute. M""^ Tarneau a été très mal, elle est mieux; on craint l'hydropisie.
1. Jacques-Joseph de Gourgues, évêque de Bazas de 1693 à 1724.
2. Chazot, receveur général des fermes de Guyenne. Sur sa fille Mme Duplessy, et son salon, cf. Grellet-Dumazeau, La société bordelaise soMS Louis XV et le salon de M" D»piessy, Bordeaux, 1897, in-S",
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Pourquoi Œdipe' a-t-il tombé? Mandez-m'en les raisons. Parlez-moi de vos études, de votre portefeuille, de vos amusements, des livres nouveaux qui paraissent ou que nous devons espérer. M. le marquis de Retz m'a tant parlé des lettres de M""= de Sévigné à sa fille % que, si ce livre est dans le prix ordinaire, c'est-à-dire de quarante ou cinquante sols le volume, je vous prie de me l'envoyer; si quelqu'un voulait contresigner le paquet vous pourriez m'envoyer un volume par le premier courrier, et le second volume par l'autre courrier d'après.
Adieu, tout à vous.
Barbot.
Je viens d'apprendre que M. votre oncle est entièrement tombé, en sorte qu'il n'y a plus guère d'espérance pour le retour de son esprit ni de sa santé. Le F. Simon vous écrit.