‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 137 sur 433 · BARBOT A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

BARBOT A MONTESQUIEU

Autographe. Arch. de La Brède.

[Bordeaux, ii mai 1726.]

Votre oncle M. l'abbé de Faize mourut avant hier, mon cher Président. Il ne faisait qu'exister depuis

I. Jean François Tortati, conseiller au parlement Je Bordeaux.

DE MONTESQUIEU iSy

quelques jours, un coup de sang dans la tête l'emporta en un instant. Jugez de ma sensibilité par votre douleur et par mon attachement pour vous. J'allai hier offrir mes soins et mes services dans cette occasion à M"" la présidente de Montesquieu; elle venait de sortir, et je chargeai M. l'abbé Duval ' de mon compliment. On n'a point ouvert le testament. Il m'est revenu que M. le doyen- avait dit que la volonté de M. son oncle était que le testament ne fût ouvert qu'en votre présence. Voilà une occasion de revenir, mon cher Président. Votre présence d'ailleurs dissipera les bruits de la vente de votre charge, et vous ferez par vous-même plus vite vos affaires, si vous persistez dans votre dessein. M. l'abbé Duval vous rendra compte de ses soins pour la sûreté des effets délaissés par M. votre oncle; je trouve qu'il s'y prend bien, et vous devez être en repos de ce côté; il vous fera faire quelques réflexions sur ce qui doit être fait pour l'acquittement des legs pies et autres.

M. de Saint-Savin et M"'^ de Saint-Savin partent aujourd'hui pour Paris. La comtesse de Belhade paraît fâchée de ce qu'il part; le temps, disait-elle, est bien rude pour faire des voyages.

On vous mandera de tous côtés comment Vincent ^ et le premier président^ machinaient de faire nommer César > député du Parlement. On travaille, on

1. L'abbé Duval avait été secrétaire de Montesquieu. C'était lui que Montesquieu avait chargé de porter en Hollande le manuscrit des Lettres Persanes.

2. Le doyen deSaint-Seurin, frère de Montesquieu, nommé à l'abbaye de Faize en 1724.

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