Conseiller au Parlement, membre fondateur de l'Académie
l38 CORRESPONDANCE
complote, on menace, on demande les voix à MM. Monereau, Gombabessouze, Navarre, etc. Malvin répond de toute la seconde. Quand tout fut bien finement arrangé, M. le premier Président convoque les chambres, lit une lettre de M. le Garde des sceaux, qui conseille au Parlement de nommer César; la finesse parut grossière, on se débat, enfin il y eut partage entre nommer un député ou nommer des commissaires pour voir par la situation des affaires s'il fallait un député'. Le premier président est enragé et dit qu'on a voulu le choquer en refusant Gésar, et qu'il ne se mêlera plus d'affaires de compagnie. Il faut les deux tiers des voix pour qu'il passe à la députation.
M. Vincent me chargea, il y a deux mois, de vous mander que, malgré la brouillerie des présidents et conseillers, il était bien votre serviteur et qu'il n'était point des mauvais discours ni mauvaises lettres qui avaient été écrites sur votre compte; je ne sais si j'oubliai de vous l'écrire ou si vous avez oublié d'y répondre, mais Vincent me demande toujours le succès de son compliment, et croit que j'ai reçu sur son compte quelque chose de désagréable de votre part. J'eus beau lui dire, de ces jours, une réponse que je croyais, lui dis-je, que vous m'aviez faite; il ne veut rien croire qu'il ne lise votre lettres
Adieu, je n'ai rien à ajouter à la lettre que je vous écrivis mardi sur le compte des La Tresne. Ne
1. Cf. les registres secrets du Parlement, à la date du 8 mai (Bibl. Bordeaux, ms 36g-), p. 245). Le premier président faisait valoir que César étant alors à Paris pour ses affaires particulières, son élection épargnerait à la Compagnie des frais de voyage.