‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 143 sur 433 · Deu:( lignes déchirées · texte numérisé non relu

Deu:( lignes déchirées

à M. de Charost pour la porter à M. le Duc; cette lettre contenait qu'il voulait gouverner son royaume par lui-même, qu'il le remerciait de ses soins et qu'il lui ordonnait d'aller à Chantilly jusques à nouvel ordre. M. le Duc, ayant reçu cette lettre, demanda à parler au Roi et à la Reine; on lui refusa. Douze gardes et 'M. Dupont, lieutenant des gardes, le menèrent à Chantilly. M"* de Clermont Ta suivi. La princesse de Conti est surintendante de la maison de la Reine. Des uns disent que M"- de Charolais et M. de Clermont sont exceptés de la disgrâce de la maison de Condé; cela a besoin de confirmation. Les secrétaires d'État ont ordre de travailler sous M. de Fréjus, qui travaillera seul avec le Roi sans avoir le titre de premier ministre. AL Le Blanc a été rappelé et fait ministre de la guerre; des lettres disent qu'on lui a donné la surintendance des postes, mais cela est incertain. M. Pelletier des Forts contrôleur général, M. de Berwick à merveille à la Cour. On croit que M. de Noailles y jouera quelque beau rôle. Pâris- Duverney est exilé à La Flèche, les autres sont gardés à vue. On dit Bernard' mis à la Bastille. M"'*^ de Prie est renvoyée dans une de ses terres en Normandie. Quelques lettres marquent que l'on a donné à M. de Breteuil la place de M. de Saint- Florentin et que celui-ci est fait duc et pair; je crois la nouvelle ridicule-. M. d'Aguesseau toujours dans son exil. MM. de Morville et d'Armenonville toujours

1. Samuel Bernard. La nouvelle de sa di:'orrâce était inexacte; il resta fort bien en cour. Cf. une lettre de Mathieu Marais au président Bouhier, du 18 juin 1726 (éd. Lescure, III, 429).

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