‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 150 sur 433 · I. Le duc de Bourbon · texte numérisé non relu

I. Le duc de Bourbon

Quand un Ktat est dérangé, les grandes places sont malheureuses. Il est tout aussi dangereux de corriger le dérèglement que de le suivre; on répond et des fautes qu'on n'a pas faites et de celles qu'on n'a pu s'empêcher de faire. Le peuple, qui souffre, ne sent jamais que ses derniers maux, et ce qui est la suite d'une infinité de causes, n'est pour lui que l'effet de la cause qui lui est présente.

Quand même on obtiendrait le gouvernement dans les temps les plus heureux d'une monarchie, on contenterait peu de gens, parce que le bonheur politique est tel qu'on ne le sent jamais bien qu'après l'avoir perdu ; de là tant d'hommes d'État dont la disgrâce a été tour à tour l'objet de la joie et des regrets du même peuple.

A Monsieur de Matignon, sur la disgrâce de Monsieur le Duc.

[24 juin 1726] 2.

Agréez, Monsieur, que je vous fasse mon compliment, en vérité du meilleur de mon cœur, et non seulement comme votre ami — permettez- moi ce terme — , mais aussi en vérité comme citoyen.

Nous sommes ici bien contents du nouveau règlement sur les vieilles espèces 5, [que] je ne doute pas que l'on ne porte à présent à la Monnaie.

1. Probablement Le Pelletier Des Forts qui venait d'être nommé contrôleur général à la place de Dodun.

Page 1