‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 151 sur 433 · Datée de l'écriture ancienne · texte numérisé non relu

Datée de l'écriture ancienne

3. Une déclaration du 1 5 juin 1726 avait fixé d'une façon définitive 1^ valeur des monnaies.

Il me semble qu'il y a dans cet état-ci, un procès immortel entre le débiteur et le créancier du Roi. Celui qui paie les subsides voudrait qu'on retranchât sans cesse sur les rentiers, ceux-ci voudraient que tout retombât sur ceux qui paient les subsides. Et voilà la belle origine du cinquantième et autres misérables opérations de cette espèce. Le Roi, ne pouvant ajuster sa dépense avec sa recette, tombe tantôt sur l'un et tantôt sur l'autre, et, de plus, les intimide sans cesse tous les deux. Il faut donc commencer par guérir l'origine du mal en faisant cesser la disproportion entre la dépense et la recette, et à cela il faut que les créanciers et les débiteurs du Roi contribuent. Et voici, me semble, l'opération la plus simple, la plus générale, la plus égale que l'on puisse pratiquer : il faut retrancher un sol pour livre sur tout ce que le Roi paie, excepté le prêt du soldat, et augmenter d'un sol pour livre tout ce que le Roi reçoit. Si le Roi reçoit cent soixante millions, il paye cent soixante millions, et voilà dès le premier coup que la recette s'approche de la dépense de seize millions. Si cela ne suffit pas, faites l'année d'ensuite la même opération pour encore six deniers pour livre, et voilà la recette qui s'approche encore de la dépense de huit millions, etc.

Quand on sera vis-à-vis de soi, et non pas plus tôt, on rétablira son crédit, et, avec des opérations sur la monnaie moins brusques que celles qu'on a faites, on retranchera

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