I. Le mari Je M"' de Lambert. Cf. la lettre
y a longtemps que vous en auriez reçu pour vous persuader de revenir à Paris. Je ne me pardonnerai jamais la faute que mon indiscrétion m'a fait faire, en racontant devant vous, par un pur effet du hasard, une nouvelle où vous pouviez prendre part, car, vous jugez bien que je ne donne pas dans le beau narré que vous me faites des raisons de votre prompt départ. Elles ne sont bonnes que pour le public et je vous promets de n'en pas dire d'autres. Je crois cependant que, toute réflexion faite, un peu moins de vivacité vous eût épargné trois cents lieues et peut-être quelques heures d'ennui, sans parler de celles que vous causez à vos amis, dont vous devez partager la peine. Et, comme les plus courtes folies sont les meilleures, je vous conseille de revenir au plus tôt dans la bonne ville et de ne demeurer chez vous qu'autant de temps qu'il en faut pour n'y retourner de dix ans.
Nous sommes, comme vous savez, Monsieur, dans les îrrands événements. Te vous suis très obligée de la part que vous voulez bien prendre à ceux qui m'intéressent. Je voudrais fort philosopher sur tout cela avec vous, autrement que par lettres, où la matière ne se peut bien traiter.
Ce cher frère' dont vous me parlez me paraît vous regretter et vous aimer toujours infiniment; il fait des voyages fréquents à Chantilly, il s'en prépare un pour Gacé au mois de septembre, où il ne manquerait rien si vous y étiez, mais vous n'êtes pas assez raisonnable pour faire ce projet. je n'ai rien dit de vous à M. ni M^^^ de Valen-