MONTESQUIEU A BERWICK
Minute autographe. Arch. de La Brède.
A Bordeaux, ce 27 juillet 1726.
Rien, Monseigneur, ne m'a flatté davantage, dans la démarche que j'ai faite, que de me trouver en état de vous faire ma cour plus assidûment, et, n'étant plus président, je serai au moins concierge de Fitz- James, mais je ne compte être en état de prendre cette qualité qu'après vendanges''.
Je travaille actuellement à percer de grands bois de haute futaie, et Fitz -James est mon unique modèle; il n'y a pas jusques aux petites allées, qui sont si jolies, que je ne transporte chez moi*.
La ville est fort triste, l'argent fort rare. Il y a pourtant un peu plus de mouvement depuis quelques jours. Ce que c'est qu'une fausse démarche! Avant les diminutions de Paris, l'argent circulait assez à cinquante francs le marc; aujourd'hui il est à cinquante francs le marc' et il ne circule pas assez.
M. le maréchal de Berwick.
a) Biffé : Gomme je quitterai ce pays-ci pour plus longtemps que les autres fois, je ne laisse pas d'y avoir des affaires à réçler, qui me mèneront jusqu'après vendanges. — b) Biffé : En attendant, je vais faire faire dans un bois deux petites allées comme celles de Mademoiselle' qui n'auront point de fin, et seulement six pieds de large.