I. La suite manque
DE MONTESQUIEU IjS
Vous savez sans doute que M. de Fréjus est à présent le cardinal de Fleury ; le Roi lui mit sur la tête la calotte rouge avec beaucoup de grâce et de joie. Ce nouveau cardinal reçut cette marque de bonté du Roi d'un air très modeste et lui baisa la main bien tendrement.
J'allai hier à Versailles, je vis M. Le Blanc que je trouvai bien changé; cependant les médecins et les chirurgiens le comptent hors de danger et regardent cette guérison comme un miracle. Il travaille à présent cinq ou six heures par jour, il prétend que le travail l'amuse et ne le fatigue point. Je vous avoue que ce bon état de M. Le Blanc me fait grand plaisir, et d'avoir présentement à Paris tous mes amis heureux et triomphants de leurs ennemis et persécuteurs.
Je pars dans huit jours pour aller en Normandie d'où je ne reviendrai qu'à la Saint-Martin. J'y vais nommer mon petit-fils. Depuis que je suis grand'mère je renonce à toute coquetterie; vous me trouverez un air très grave.
Je vous suis bien obligée d'avoir songé à du thé pour moi, car je n'en ai que de très mauvais.
J'ai été chez AL de Mazade, fermier général, pour Comet; ne l'ayant pas trouvé je lui ai écrit, j'ai prié encore un de ses amis de lui parler.
Adieu, mon cher cousin, je vous assure de mon parfait attachement pour vous. Je ne vous parle pas de M. d'Herbigny, car il est à Fontainebleau.
A Monsieur, Monsieur le Président de Montesquieu, — à Bordeaux.
lyô CORRESPONDANCE