‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 180 sur 433 · MONTESQUIEU A J.-J. BEL · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A J.-J. BEL

Minute. Arch. de La Brède.

Ce 29 septembre 172G.

Ma dernière lettre, mon cher Bel, vous aura paru un peu énigmatique. J'avais reçu nouvelle de Paris, que le journal en question- avait déplu au ministre; je pensais qu'il était inutile de paraître dans un ouvrage qui ne serait pas lu et que d'ailleurs il était plus prudent de n'y paraître pas. Par votre lettre il me paraît que vous avez pensé tout de même, de manière que nous voilà en règle l'un et l'autre et conviendrons à la première vue.

J'ai lu avec un vrai plaisir vos réflexions sur l'ouvrage de xM. l'abbé Dubos ^ ; elles sont fortes, pressantes et vives ; je crois que vous l'embarrasserez beaucoup. Voici deux remarques de rien: réfugier n'est pas, ce me semble, un verbe actif; vous faites trop d'honneur au cardinal de Richelieu, qui ne fut déterminé que par une basse jalousie; en mettant la

1. Jean-Jacques Bel (i 693-1 7.18), condisciple de Montesquieu à Juilly, conseiller au parlement de Bordeaux. Il donna plusieurs ouvrages de critique, un Examen du Romulus de la Moite (1722), une Lef^re d'unrat calotm à Citron Barbet au sujet de l'histoire des chais de M. de Montcri/, la Relation de ce qui s'est passé ati sujet de la réception de l'illustre Mathanasius à l'Académie Française (iji-j), etc., et collabora avec Desfontaines pour le Dictionnaire Néologique (172G). Il légua sa maison et sa bibliothèque à l'académie de Bordeaux, dont il avait été directeur en 1737.

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