Henri Sully
IQ4 CORRESPONDANCE
ayons distribué le prix. Je ne doute pas que vous n'ayez écrit vous-même à M. de Morville et ne lui en ayez envoyé un exemplaire, je crois que vous pouvez fort bien en adresser deux à M. Hardion et le charger de m'en remettre un. Si j'étais àVersailles, je vous aurais dit la chose positivement; si vous croyez que la chose puisse faire quelque difficulté vous n'avez qu'à l'en prévenir par une lettre. Je crois que, dans les affaires de l'Académie qui seront de quelque importance ou qui en vaudront la peine, vous devez toujours écrire à M. de Morville même, et il est bon que vous soyez en quelque façon en relation avec lui, et je crois voir d'avance que cela sera utile à l'Académie, parce qu'il y aura peut-être telle chose à demander qu'il faudra peutêtre que vous commenciez à demander en droiture.
Je vis, avant de partir, la nouvelle duchesse de La Force, le duc n'y étant pas. Il me paraît qu'ils sont tous les deux en disposition de finir; elle me dit qu'à son retour de La Boulaye, et moi de ma campagne, nous parlerions d'affaires et terminerions. Je vois qu'il serait bon que cette affaire fût finie, pensant comme vous que de là dépendent les résolutions que l'on pourra prendre touchant le prix, et je remets à ce temps-là à vous donner l'avis de Melon et de moi, que vous avez eu la bonté de nous demander.
Adieu, mon cher confrère, je vous embrasse bien tendrement et je souhaiterais fort d'être aimé de vous autant que je vous aime.
A Monsieur Sarrau, de Boynet, rue de Gourgues, — à Bordeaux.
DE MONTESQUIEU IQS