‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 197 sur 433 · MONTESQUIEU A SARRAU DE BOYNET · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A SARRAU DE BOYNET

Minute autographe. Bibl. de Bordeaux, Lamontaigne, t. XXX.

Ce 20 mars 1727.

J'ai eu aujourd'hui, Monsieur mon très cher confrère, une grande conversation avec M. le duc et M'"^ la duchesse de La Force. Après bien des propos inutiles qu'il est hors d'œuvre de rapporter ici, il a été résolu que nous nous rassemblerions, parce que nous avons été interrompus. Je vois clairement que nous finirons, ce que je ne ferai pourtant pas sans me réserver l'avis et le pouvoir de l'Académie. Je vois que les propositions seront que TAcadémie abandonne l'hypothèque éternelle de la terre de Gaumont, qu'elle accepte le remboursement de deux mille écus de capital dans des termes dont nous conviendrons, et, dans ce cas, l'Académie doit exiger que Madame son épouse s'oblige avec lui au paiement des termes convenus.

Ayez la bonté d'assembler l'Académie là-dessus. Pour moi, je pense que les propositions sont bonnes : 1° parce que la donation n'est pas insinuée, ce qui n'a pas été relevé ; 2" parce qu'il nous serait toujours bien désagréable de plaider contre qui que ce soit et encore plus contre un homme appelé La Force. Ne m'envoyez point de procuration pour faire opposition aux scellés, mais, quand nous serons convenus et que ce que j'aurai réglé avec lui vous aura convenu, vous m'enverrez le pouvoir nécessaire. Je pense que nous perdrons aussi les deux médailles dues, comme la mienne, que le feu duc fit fondre pour en faire faire une pour l'Académie. Vous verrez

ensuite si le prix sera suspendu jusques à ce que le capital nous rapporte, ou si nous ferons un effort pour le continuer.

Vous recevrez par l'extraordinaire ou par ce courrier même une lettre de moi à laquelle vous ne devez avoir aucun égard".

Je reçois actuellement les provisions pour l'horloger-. M. Hardion croit, et M. de Morville, que, quand vous demandez des provisions, il est plus régulier d'envoyer au protecteur l'extrait du registre où est la réception, signé de vous, parce que c'est la pièce fondamentale; je crois qu'il a raison, et, quoique cela ne soit pas peut-être l'usage, je crois que nous ferons bien d'en agir ainsi.

Adieu, mon cher confrère, je vous embrasse de tout mon cœur.

Montesquieu.

J'ai promis à M. Hardion un exemplaire des statuts pour lui. Ayez la bonté de le lui envoyer.

Comme par cet accommodement il faudra que le prix demeure quelque temps suspendu, si l'Académie juge [bon] de remplir le vide sur ses fonds, j'y contribuerai pour la part qu'elle voudra m'y mettre.

157. -- MONTESQUIEU A SARRAU DE BOYNET. Original. Bibl. de Bordeaux, Lamontaigne, t. XXX.

A Paris, le 22 avril 1727.

J'ai reçu, mon cher confrère, en arrivant de la campagne votre lettre. Il est bien bon que nous

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