‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 221 sur 433 · MONTESQUIEU A WALDEGRAVE · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A WALDEGRAVE

Laboulaye, VII, 222, d'après l'original de la collection Alfred Sensier.

[Presbourg, juin 1728.]'

Celle-ci est, Milord, pour vous remercier de toutes les bontés dont vous m'avez honoré, que je n'oublierai qu'avec ma vie.

Je suis arrivé à Presbourg en bonne santé; j'ai été d'abord" aux conversations. Vous devriez bien venir. Cela mérite votre curiosité.

Je suis bien content de Tacquisition que j'ai faite d'un laquais hongrois, qui me traite à tous les instants àHllustris et de superillustris, qui m'apaise quand je le gronde par le titrej de celsissimus, et me porte une méchante soupe avec le titre de magnijiciis . Je ne compte pas aller plus loin que Bude.

J'ai l'honneur, Milord, de vous embrasser et de vous saluer avec tout le respect possible.

Montesquieu.

Je vous prie de faire faire la réponse de cette lettre par M. Harris. Je mettrai au bas Harris fecit.

a) Biffé: Les deux premiers jours. — b) Biffé: magnifique.

I. C'est le 26 juin que Montesquieu rentra de Hongrie. (Cf. Voyages, I, II), où il séjourna trois semaines (cf. la lettre suivante). Cette lettre doit donc être du début de juin 1728.

183. — MONTESQUIEU A M'"» LEFRANC DE BRUNPRÉ'. Minute autographe. Arch. de La Brède.

[Vienne, juin 1728.]

J'ai reçu, Madame, avec un vrai plaisir, votre lettre, à mon retour de Hongrie où j'ai fait un voyage de trois semaines où j'ai beaucoup parlé latin avec les Hongrois et bu beaucoup de vin de Hongrie. A présent je vais à Gratz, et de là à Venise, où je vous prie d'adresser votre lettre, si vous me régalez d'une réponse.

Je suis bien heureux d'avoir choisi pour mon voyage le temps que vous n'êtes pas à Paris. J'accepte, avec bien du plaisir, la continuation de la chambre de Bâillon-, ce sera pour lors que je serai bonne compagnie et M""^ votre tante ne dira plus qu'elle ne sait que me dire, car elle aura mille questions à me faire sur les belles choses que j'ai vues, et je conterai tout au long, quoique je sache combien les conteurs sont ennuyeux. Je vous dirai

1. Femme du secrétaire du Roi. Montesquieu en 1735 lui adressa les vers suivants (Arch. de La Brède) :

Pour Mad. Le Franc, dame du lieu enchanté Bâillon.

En vain les filles de Mémoire A mes yeux font briller le prix Du diadème dont la gloire Ceint le front de ses favoris.

En vain Circé, toujours cruelle, Pour prix d'une amour éternelle Ne me promet que des rigueurs.

Je cède au penchant qui m'entraîne, Et l'honneur de porter sa chaîne Me tiendra lieu de leurs faveurs.

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