Marie-Madeleine Le Tellier, mariée à François d'Harcourt
4. Montesquieu quitta Gratz pour Venise le 12 août. Cf. Voyages, I, 19.
deux du mois prochain. Je quitte milord Waldegrave pour six mois, que j'emploierai à voir Tltalie, après quoi je reviendrai à Vienne par Munich et de là je verrai le reste de l'Allemagne. Je serai à Rome aussitôt que la saison me permettra d'y entrer; si vous y avez encore quelque connaissance, vous me ferez bien du plaisir de me la donner.
Le séjour de Gratz est charmant; on y est à la ville et à la campagne, on y vit avec plus de liberté qu'à Vienne et les dames y sont plus belles. C'est une chose admirable que les chemins que l'Empereur a fait faire dans ces pays-ci : ce sont des ouvrages des Romains; l'on marche dans les montagnes comme sur la levée de la Loire'; c'est bien autre chose d'ici à Trieste et de Carlstadt à un autre port de la mer Adriatique nommé Boucharitz, où l'on va en carrosse dans des lieux où l'on ne pouvait pas aller à cheval. Le comte de Windischgraetz- partira dans peu pour Soissons. Si le roi de France prend des cerfs, l'Empereur en prend beaucoup aussi.
Je crois. Monseigneur, que vous êtes à présent à Fitz -James; j'envie à ceux qui sont avec vous le plaisir d'y être et de vous voir et M"^ la maréchale. Je l'admirais beaucoup avant que je partisse de Paris, mais je l'admire encore davantage depuis que j'ai reconnu que dans les disputes que j'ai eues avec elle sur la politique j'avais entièrement tort, et j'avoue qu'elle a découvert par la seule force de son esprit ce que je n'ai pu reconnaître que par la fréquentation des plus consommés politiques.