‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 236 sur 433 · Cf. Voyages, I · texte numérisé non relu

Cf. Voyages, I

avant de les avoir lus. Il serait à souhaiter que tous les préjugés fussent aussi raisonnables. Son éloge du Czar a été à la portée de plus de gens que celui de Newton.

Je pars pour Venise le t*^'' août et je compte rester six mois en Italie, puis (de) revenir à Vienne par Munich, et de là voir le reste de l'Allemagne. Je quitte avec chagrin ce pays-ci; vous ne sauriez croire quelle peine c'est, dans les pays étrangers, que de penser qu'on se lie à des gens que l'on doit bientôt ne plus revoir et souvent avec qui on serait bien aise de vivre. Il me semble que le cœur est trop étroit pour tous les honnêtes gens que l'on pourrait aimer. Accordez-moi toujours, Madame, la continuation de vos bontés. Je n'acquiers ici que des amitiés passagères; je serais bien malheureux de perdre celles qui pourraient être durables.

Je suis avec un respect infini et l'attachement le plus tendre, Madame, votre très humble et très obéissant serviteur.

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