Cf. la Jeure igS
vouloir bien, s'il le faut, y jeter les yeux. C'est afin que M. Harris ait la bonté de parler à M. le comte de Linden, s'il le faut, que j'avais prié d'avoir la bonté d'en parler à M. le prince Eugène.
Je vous demande, Milord, un peu de part dans votre souvenir, dans vos bontés, dans votre amitié; je la chérirai et cultiverai toute ma vie, comme une chose qui m'est infiniment précieuse. J'ai l'honneur d'être avec toute sorte d'attachement et de respect, Milord, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.
Montesquieu.
218. — MONTESQUIEU AU CARDINAL DE POLIGNAC. Minute autographe. Arch. de La Brède.
A Bologne, ce 16 juillet 1729.
Je supplie bien fort Votre Éminence d'agréer que je lui fasse mes très humbles remerciements des bontés dont elle m'a honoré dans mon séjour à Rome et des belles choses qu'elle m'a fait entendre pendant le temps que j'ai étudié ses conversations. J'allai hier avec Ms*" Lanti ' voir l'Institut^; en voyant ce grand nombre de machines et d'instruments et ces amas de curiosités naturelles, nous convînmes tous que V. E. nous manquait. Ce qui me déplut beaucoup, c'est l'assurance d'un professeur qui me vint montrer un livre chinois pour me
1. F.-M. Lanti, cardinal en 1743, mort en 1773, neveu de la princesse des Ursins.
2. Sur la visite de Montesquieu à l'Institut de Bologne. Cf. Voyages, II, 86 et suiv,
faire voir qu'il était écrit de haut en bas, à moi qui sortais des mains de Ms"" Fouquet', ce qui lit que j'élevai la voix et que je l'instruisis lui-même et lui appris que, depuis deux mois, la monarchie chinoise n'avait plus que quatre cents ans avant Jésus-Christ d'antiquité. Il fut fort étonné d'un changement si subit, et toute la compagnie aussi. L'Institut perd tout ce qu'il pouvait perdre par l'absence du général Marsigli-, qui, sur quelque pique-, s'est retiré à Marseille, mais amantitun irœ amoris redinte^ratio est.
Il y a ici une des plus sottes choses qu'il y ait en Italie 5 : c'est un portique de trois milles, d'assez mauvais goût, que Ton a fait pour aller quand il pleut à la Madona di San Luca sans se mouiller, comme si la véritable dévotion était arrêtée par le soleil ou la pluie. Je supplie V. E. d'agréer mon attachement inviolable et le respect...