Cf. Voyages, II, 2 3o et suiv
de M. de Leibniz comme une chimère d'un homme dont Tesprit accoutumé aux systèmes en trouve partout, et même dans les choses qui en sont le moins susceptibles, à peu près comme les graveurs voient des figures sur toutes les murailles. Il est vrai que pendant plusieurs siècles on regarda le Pape comme chef de la république chrétienne, car celui qui pouvait déposer les princes était nécessairement leur chef, et il fallait bien qu'il fût leur chef, puisqu'il était réellement leur maître; mais, pour l'Empereur, il était confondu avec les autres rois dans la sujétion, et même, comme il avait plus d'intérêts, de choses à démêler avec le Saint-Siège, à cause de la dispute sur la puissance en Italie, le joug était plus appesanti sur sa tête que sur celle des autres rois. Il me semble même que dans ces temps de barbarie les disputes sur les rangs étaient assez inconnues entre les princes. Il n'était jamais question que de savoir si un prince relevait d'un autre ou non. La mouvance faisait son infériorité, mais, dès que deux princes ne relevaient de personne, ils étaient égaux en dignité et ne diflféraient qu'en puissance. L'Empereur et les rois de France, d'Angleterre et de Castille ne pouvaient donc entrer en concurrence sur les rangs.
C'est le Moyen-Age qui a établi ces différences; c'est le punto des Italiens et des Espagnols. Pour lors l'Empereur étant un prince électif, sa prééminence ne blessait aucune maison régnante et la maison de France, qui demanda et eut effectivement le rang immédiatement après l'Empereur, se trouva nettement la première maison de l'Europe.
Voici un barbouillage inédit dij^ne de l'auberore où il est écrit.
Adieu, Monsieur, je ne vous fais point de compliments. Il me semble, ou du moins je l'espère, que notre amitié n'en est plus là. Je vous salue très respectueusement.
A Monsieur le baron de Stain, premier ministre dît dite de Brimsivick.
Agréez que je salue M'"^ la baronne de Stain, qui est toujours pour moi le modèle que je voudrais proposer aux dames françaises. Je finis cette lettre par où j'aurais dû la commencer, en vous rendant mille grâces des bontés et amitiés dont vous m'avez honoré à Brunswick et à Zellerfeld. On ne voit à Amsterdam que de grands hommes avec de petits habits qui se promènent par les rues et s'enrôlent pour aller aux Indes; ce sont des déserteurs du roi de Prusse qui vont augmenter la taille des peuples de Bantam et de Java.
Vente du 19 décembre igoS; Noël Charavay expert, n» 96. — P. Bonnefon, Revue d'histoire littéraire, 19 10, p. Soj.
Amsterdam, 18 octobre 1729.
Montesquieu annonce quHl est arrivé depuis cinq jours dans cette ville et que, malgré son ignorance des langues allemande et hollandaise^ il a pu y arriver sans encombre.