‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 272 sur 433 · MONTESQUIEU AU PÈRE CERATI · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU AU PÈRE CERATI

Lettres familières (I), p. 7. — Laboulaye, VII, 228,

De Londres, le 21 décembre 1729.

J'eus l'honneur de vous écrire par le courrier passé, mon révérend Père; je vous écris encore par celui-ci. Je prends du plaisir à faire tout ce qui peut vous rappeler une amitié qui m'est si chère. J'ajoute à ce que je vous mandais sur l'affaire, que si M""" Fouquet exige au delà de la somme que j'ai paru vous fixer ^, vous pouvez vous étendre et donner plus, et faire, par rapport aux autres conditions, tout ce qui ne sera pas visiblement déraisonnable. Je connais ici le chevalier Lambert, banquier fameux, qui m'a dit être en correspondance avec Belloni. Je ferai remettre sur-le-champ par lui l'argent dont vous serez convenu; car il me paraît que les volontés de M. Fouquet sont si ambulatoires, qu'il ne vaut pas la peine de rien faire avant qu'elles ne soient fixées.

Je suis ici dans un pays qui ne ressemble guère au reste de l'Europe. Nous n'avons pas encore su le contenu du traité d'Espagne '; on croit simplement qu'il ne change rien à la quadruple alliance, si ce

■ I, Gaspard Cerati (16QO-1769). Montesquieu l'avait connu à Rome, chez le cardinal de Poliofnac. Il fut provéditeur de l'université de Pise, et, plus tard, voyagea en France, en Angleterre et en Allemagne.

2. € ...M. de Montesquieu eut avec lui une négociation pour la résignation en faveur de l'abbé Duval, son secrétaire, d'un bénéfice que ce prélat avait en Bretagne. » (Guasco.)

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