Traité de Séville (9 novembre
n'est que les six mille hommes qui iront en Italie pour faire leur cour à Don Carlos seront Espagnols, et non pas neutres'.
Il court ici tous les jours, comme vous savez, toutes sortes de papiers très libres et très indiscrets. Il y en avait un-, il y a deux ou trois semaines, dont j'ai été très en colère. Il disait que M. le cardinal de Rohan avait fait venir d'Allemagne avec grand soin, pour l'usage de ses diocésains, une machine tellement faite, que l'on pouvait jouer aux dés, les mêler, les pousser, sans qu'ils reçussent aucune impression de la main du joueur^ lequel pouvait auparavant, par un art illicite, flatter ou brusquer les dés selon l'occasion; ce qui établissait la friponnerie dans des choses qui ne sont établies que pour récréer l'esprit. Je vous avoue qu'il faut être bien hérétique et janséniste ^ pour faire de ces mauvaises plaisanteries-là.
S'il s'im.prime dans l'Italie quelque ouvrage qui mérite d'être lu, je vous prie de me le faire savoir. J'ai l'honneur d'être avec toute sorte de tendresse et d'amitié.
Au Père Cerati, de la Congrégation de V Oratoire de Saint-Philippe, — à Rome.
1. En échange de privilèges commerciaux concédés à l'Angleterre, la France et la Hollande, l'Espagne fut autorisée à débarquer 6,000 hommes en Italie pour assurer à Don Carlos, fils aîné d'Elisabeth Farnèse, la possession des duchés.