‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 304 sur 433 · Le comte de Matignon · texte numérisé non relu

Le comte de Matignon

2. François de Fitz James, abbé de Saint-Victor^ fils de Berwick.

3lS CORRESPONDANCE

grièvement manqué. Mais je me flatte que vous connaissez mon attachement pour vous et en êtes assez convaincu pour ne pas attribuer ce retard à Toubli de celui qui m'est toujours présent et dont Tabsence me cause bien de la peine. Voilà bien du galimatias pour vous dire que votre lettre m'a été rendue fort tard et que j'ai retardé encore huit jours à y répondre.

Vous ne serez pas fâché d'apprendre que ce voyage que j'ai fait à Fontainebleau était pour remercier le Roi d'un brevet de retenue de quatre cent mille francs qu'il a accordé à mon frère' sur son gouvernement.

M""^ la Maréchale- ne doutait point de votre exactitude et vous trouve si bon commissionnaire qu'elle me paraît disposée à vous charger souvent de ses commissions.

M. de Bulkeley n'a fait que passer ici allant à Valenciennes, où il est employé l'hiver; cela ne Tempêchera pas de venir faire un tour ici, et je compte qu'il y viendra vers la fin de décembre.

Depuis que la seule crainte de l'arrivée du maréchal de Noailles a fait évacuer Worms aux ennemis, nos frontières paraissent tranquilles. Tant que le débordement du Pô et de l'Oglio continuera, nous ne craindrons rien non plus de ce côté -là; mais on écrit que les eaux commencent à baisser. Les Impériaux ont reçu leurs renforts; ils devaient les joindre, dit-on, le i3. On ne doute pas qu'ils ne fassent de leur mieux pour nous attaquer; ceux qui

1. Charles de Fitz -James, quatrième fils du maréchal, qui venait d'obtenir le gouvernement de Limousin.

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