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La maréchale de Berwick

DE MONTESQUIEU 3 Kj

s'intéressent à quelqu'un de l'armée d'Italie en ont une grande frayeur.

On dit que les Espagnols ont remis au printemps la conquête des places qui tiennent encore en Sicile, et nous ne devons pas, si cela est, nous attendre à de i^rands secours de leur part pour notre armée d'Italie. On dit à Paris que le roi Stanislas et la czarine sont fort mal; on les avait même dit morts, mais on n'en parle point à la Cour.

Si j'étais avec vous dans vos bois de haute futaie, nous pourrions nous étendre en raisonnements politiques sur ces nouvelles, et je voudrais fort y être avec vous, et me trouverais fort bien de ne plus avoir devant les yeux les fantômes de Paris. Tout n'y est pourtant pas fantômes; on y a des amis, gens raisonnables, avec lesquels on peut démêler le vrai des fantômes. Vous y en avez, Monsieur, et ils vous attendent avec bien de l'impatience. Souvenez-vous que vous leur avez promis d'être de retour à la fin de novembre, et le vrai que vous me dites dans vos secrets vous inspire sûrement la fidélité dans vos promesses.

Mon frère a différé son voyage de Naples. Par la dernière lettre que j'ai eue de lui, il me marquait qu'il était tout prêt de partir; j'ai été deux ordinaires sans en avoir, ce qui me fait croire qu'il est en chemin.

Je n'ai point vu la princesse' depuis votre départ; elle demeure constamment dans son Cheverny. Elle est aussi constante dans ses amours que dans ses projets d'arrangement et vous pouvez compter sur sa fidélité.

I. Il désigne ainsi sa sœur Henriette, marquise de Renel et comtesse de Cheverny.

M™^ la maréchale et M'^'' de Bouzols' me chargent de mille choses pour vous; c'est le sort de notre sang de s'enflammer pour vous. Nous vous sommons tous de la parole que vous nous avez donnée de nous venir retrouver. Nul ne désire votre retour plus ardemment et ne vous est plus tendrement attaché que

L'abbé de Fitz-James.

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