‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 330 sur 433 · MONTESQUIEU A L'ABBÉ NICCOLINI · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A L'ABBÉ NICCOLINI

Laboulaye, t. V'^II, p. 246; d'après l'original appartenant au marquis de Fiers.

A Paris, le 4 d'octobre ijBg.

J'espère, Monsieur mon illustre abbé, que vous ne m'aurez pas oublié. Pour moi, je me souviendrai toute ma vie des moments enchanteurs que j'ai passés avec vous, qui avez plus d'esprit en un quart d'heure que toutes ces grosses têtes' n'en ont en tout un jour.

Monsieur le chevalier Dashwood est un homme de lettres que je vous présente, et je le présente à un homme de lettres; il vous estimera autant que je fais, mais il ne vous aimera pas tant. Je vous prie de lui rendre le séjour de votre ville agréable.

Je parle quelquefois avec M. le cardinal de Polignac de notre cher abbé Niccolini, que je voudrais voir, que je voudrais embrasser, que je voudrais entendre.

Je suis avec bien du respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

Bien des amitiés bien tendres à Monseigneur Cerati. Pardonnez la rature s'il vous plaît.

A M. l'abbé Niccolini^ à Rome ou à Florence.

I. Sans doute s'agit-il ici de la dynastie des ducs de Lorraine qui remplaça celle des Médicis en Toscane. « Lorsque sous le ministère lorrain dont il était médiocre admirateur, il eut ordre de ne point rentrer en Toscane, M de Montesquieu s'écria en apprenant cette nouvelle: t Oh! il faut que mon ami Niccolini ait dit quelque grande vérité. » (Note de Guasco à la lettre du <> mars 1740.)

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