‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 331 sur 433 · MONTESQUIEU A MARTIN FFOLKES · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A MARTIN FFOLKES

Laboulaye, Vil, 247; d'après l'original appartenant à Sir William Ffolkes.

Paris^ ce 17 février 1740.

Je ne reçus qu'hier, Monsieur mon illustre ami, les livres que vous avez eu la bonté de m'envoyer', dont la facture se monte à 2 liv. sterl. 6 sh. 6 sous. Vous trouverez au bas de cette lettre ce que j'aurai fait pour vous en faire la remise. Je souhaite que votre santé soit bonne et que vous puissiez l'employer ànous revenir voir. Pour moi, je pars pour Bordeaux, où je serai trois ou quatre mois; si je vous suis bon à quelque chose, je suis à vous comme dans les autres pays.

Si ce que disait Pompée est vrai, que celui qui est le maître de la mer est maître de la terre, les Espagnols perdront leur procès. Il paraît qu'ils n'emploieront pour se défendre que la peste, les déserts, les vents, le scorbut, et même la vérole si on les fâche. On parle pourtant aujourd'hui d'une guerre en Portugal, et cette guerre, vous ne la ferez pas à bon marché.

Il paraît ici un livre très bien fait, intitulé Examen désintéressé des ouvraj^es faits sur la figure de la terre-. L'auteur paraît être un homme sage et réservé, ne dit pas de sottises, et enfin il semble qu'il est plus fort que son ouvrage même. Vous en jugerez.

Page 1