‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 340 sur 433 · MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE

Original. Arch. de La Brède.

Paris, ce 4 novembre 1741.

Je vous envoie chercher, ma chère fille, et je crois que vous aurez bien de la peine de quitter Madame

1. Marie-Josèphe-Denise (23 février 1727-27 février 1800). Elle épousa, en 1745, son cousin Godefroy de Secondât.

2. Ce billet, — dont l'authenticité nous paraît fort douteuse, — est accompagné du commentaire suivant : t Elle [Denise] avait été élevée au monastère du Paradis, près du Port-SainteMarie, Les religieuses lui dictaient les lettres qu'elle écrivait à son père. Montesquieu s'en aperçut et lui répondit... ».

de Prouillan et Mademoiselle de Goudenasse; mais il faut obéir à votre père qui vous demande, qui veut vous mettre dans un couvent à Paris', et qui ne cherche qu'à vous donner la meilleure éducation qu'il lui sera possible; au moins ne manquerez-vous d'aucun secours pour cela. Je suis si content de la manière dont vous avez été élevée jusqu'ici que je voudrais que vous le fussiez encore mieux, s'il était possible. Vous ne trouverez personne à Paris comme Madame de Prouillan, mais vous trouverez des maîtres que vous n'avez point à Prouillan^; enfin vous profiterez des avantages de la capitale. Si je ne vous aimais pas, il me serait fort indifférent que vous vinssiez ici, mais je crois devoir vous procurer le plus grand bien [quej l'on puisse recevoir, qui est toute la perfection dont vous pouvez être capable. Adieu, ma fille, je vous aime et embrasse de tout mon cœur.

Montesquieu.

A Mademoiselle, Mademoiselle de Montesquieu, pensionnaire de Prouillan, — à Prouillan.

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