‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 346 sur 433 · Fleury · texte numérisé non relu

Fleury

2. Cf. le testament de J.-J. Bel, du 28 août 1736, dans R. Céleste, llist. de la bibl. de la ville de Bordeaux (Bordeaux, 1892, in-^*), p. 9.

DE MONTESQUIEU SStJ

inutilité et la singularité des légats que de voir qu'ils ne procurent aucun avantage ? Je suis donc fortement d'avis que vous ouvriez boutique de machines' le plus tôt qu'il sera possible.

Et cela me conduit à vous dire qu'il faut que ce soit gratuitement, sans quoi il vaudrait mieux ne rien faire ; la décence et lajustice le demandent également, et de plus comment oserions-nous, après les sommes que nous avons reçues, montrer la corde ainsi ? Et ne croyez pas que cela vous ruine : cela est peut-être capable de vous faire donner beaucoup d'argent, quand on verra que vous employez utilement et honorablement celui que vous avez reçu. Attendez plutôt à nommer votre bibliothécaire. Les corps qui ont des fonds ne périssent pas plus que les couvents de moines. Mais vous userez vos machines ? — Ne sont-ce pas les machines du public, etc. Il faut que les écoliers de Guyenne- viennent là et ceux des Jésuites aussi; c'est une école et cela est fait pour être cela; c'est par là que la Société Royale a propagé la physique. Je n'en dis pas davantage. Vous, auteur du projet, vous sentez tout, mais exécutez-le avec noblesse et avec la hauteur de l'âme qui convient si fort à une société indépendante.

Je me souviens que vous m'avez dit que vous avez travaillé sur les langues. 11 vient de paraître un petit écrit, que l'on attribue à Maupertuis^ sur le

1. Le 3i juillet 1740, Sarrau avait fait à l'Académie c une avance de quinze cents livres, pour être employée en machines et autres instruments propres aux expériences », et, le 7 août, Barbot et La Vie avaient offert une machine pneumatique {Reg. mss de l'Académie, II, p. i 56).

Page 1