Du collège de Guyenne
3. Réflexions philosophiques sur l'origine des langues et Ij signification des mots S. 1. n. d, in-i 2.
36o CORRESPONDANCE
même sujet, où il y a, dit-on, des vues; si je puis l'avoir, je vous l'enverrai.
A l'égard de mes Lois^ j'y travaille huit heures par jour. L'ouvrage est immense et je crois avoir perdu tout le temps où je travaille à quelque autre chose qu'à cela. Il y aura quatre volumes in- 12 en vingt-quatre livres. Il me tarde fort que je sois en état de vous le montrer. J'en suis extrêmement enthousiasmé; je suis mon premier admirateur; je ne sais si je serai le dernier. Je ne vous le montrerai que lorsque je n'aurai plus rien à y faire, ce qui, je crois, sera à la première vue ; mais j'exigerai que vous ne m'en disiez rien que vous ne l'ayez lu tout entier, si vous voulez le lire, et j'ose vous dire que je ne crois pas qu'on y perde son temps par l'abondance des choses.
On dit que le jeune Crébillon est l'auteur des Confessions \
Si nous avons deux jésuites-, il semble qu'il y en ait assez. Vous ferez là-dessus ce qui vous plaira et je suivrai vos ordres.
Adieu, mon cher Président, je vous salue et embrasse de tout mon cœur.
Montesquieu.
A Monsieur, Monsieur le président Barbot, secrétaire de V académie de Bordeaux, sur le Chapeau-Rouge, — à Bordeaux.
1. Confessions du comte ***, par Duclos. Amsterdam, 1741, in-12.
2. Le père Lozeran du Fesc (1691-1733), élu associé del'Académie le 4 septembre 1733. et le père Bonin (1686-1760), élu associé le iS août 1741 {Reg. mss de l'Académie, II, pp. 129 et i38). Cf. la liste de leurs dissertations dans la Bibliothèque du P. Sommervogel.
286. — MONTESQUIEU AU PRÉSIDENT BARBOT. Original. Bibl. de Bordeaux, Lamotitaigne, t. XXX.
Paris, ce 4 janvier 1742.
Mon cher Président,
Je vous souhaite une bonne année. Il me semble que vous avez bien fait de décerner tous ces honneurs à la mémoire de M. le cardinal de Polignac'. Vous ne sauriez croire combien cela a bon air ici, et combien ce pauvre homme est regretté, désiré, chéri et admiré depuis sa mort; il semble que l'on veuille faire une pénitence publique de n'en avoir pas assez fait de cas les dernières années de sa vie. Vous m'embarrassez beaucoup pour les faits; j'ai oublié la dispute dans le concile romain, mais il y parut avec beaucoup d'éclat-; pour les amours avec M°* de Hautefeuille, cela n'a point été sérieux et n'a été que dans la tête extravagante de cette créature. Vous entendez d'ailleurs que ces choses ne doivent point entrer dans un éloge historique et ne pourraient avoir de place que dans une satire. Mais M. de Lironcourt vous a envoyé un petit mémoire qui a paru ici, qui me semble charmant: tous les faits y sont. Je crois même que le dit de Lironcourt voudrait que cela lui tînt lieu de son pensum, n'ayant rien encore envoyé à l'Académie; mais je crois qu'à présent qu'il a du