MARTIN FFOLKES A MONTESQUIEU
Autographe. Arch. de La Brède.
De Londres, ce 2 3 novembre 1742, V. S. [4 décembre].
Mon très cher Monsieur,
C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai reçu votre dernière lettre, comme c'est toujours avec une joie extrême que j'apprends de vos nouvelles et que vous me comptez encore au nombre de ceux qui vous honorent et vous aiment entièrement. J'en ai fait part à MM. de Montagu et Richmond, qui vous embrassent aussi bien tendrement.
Je vous remercie, et M. Maupertuis aussi, de la bonté que vous avez pour moi, et d'avance de votre présent, mais que je n'ai pas encore, M""-" Bulkeley n'étant pas, je crois, encore arrivée à Londres.
A l'égard de votre petit paquet, je suis bien aise qu'il est arrivé, quoiqu'il doive avoir un peu trop coulé par la poste; mais je me trouve pourtant un peu offensé, avec la Société en général', que vous ne vouliez pas croire que nous allons de pair tout au moins avec celle de l'Irlande, à qui vous semblez donner la préférence. Je vous pardonne toutefois et, en signe de réconciliation, j'envoie deux autres petits paquets adressés l'un à vous et l'autre à M. de Maupertuis, que vous aurez la bonté de faire retirer pour lui s'il n'est pas à Paris; mais, comme notre bon ami Milord Lovell, maître-général de nos postes, a bien voulu me les franchir [sic]^ j'espère qu'ils viendront sans dépense. C'est encore un seigneur