‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 365 sur 433 · I. La Royal Society · texte numérisé non relu

I. La Royal Society

DE MONTESQUIEU SjQ

qui aime la philosophie naturelle, et je lui ai fait comprendre qu'il s'agissait de l'intérêt des sciences, mais, tout compté, il n'y a rien d'écrit; ainsi, en cas d'accident, vous êtes toujours en droit de crier sur l'impertinence de l'inconnu qui vous adresse pareille contrebande.

Mais, pour venir à quelque chose de sérieux, je suis charmé que M""" Cerati nous donne quelque espérance de le voir ici; je me ferai assurément un grand honneur de pouvoir le servir en aucune chose ici, d'abord qu'il arrivera et de lui servir de guide et d'interprète partout où il voudra aller, et je me saurai gré de faire voir à mes amis que j'avais l'honneur, en Italie, d'être connu et un peu aimé d'un homme com.me lui. M. Norden, le pauvre défunt, m'avait donné les premières nouvelles de Tarrivée de ce digne prélat à Paris, [et je] l'avais prié de l'assurer de mes respects très humbles; je vous supplie [de] me faire la même grâce quand vous le verrez la première fois. Je me donnerai encore la satisfaction de lui marquer la joie que je me promets de le voir arriver chez nous. J'embrasse aussi M. votre cher fils et je vous supplie encore d'assurer de mes respects la dame chez qui il m'a mené avec lui, M"''^ de Geofïrin, et la comtesse sa fille.

Nous apprenons par les nouvelles que M. de Réaumur a lu son mémoire sur cet insecte qui se multiplie par la division' et dont un de nos amis m'avait, il y a quelque temps, donné quelques nouvelles; nous souhaitons ici avec passion quelque éclair-

I. Réaumur donna le résultat de ses recherches à ce sujet dans la seconde partie de la Préjace mise en tête du tome VI des Mémoire pour servir à l'histoire des insectes, 1742, in-4», page l et suiv.

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cissement sur un fait si extraordinaire. Verrons-nous bientôt ce mémoire? ou pouvez-vous nous procurer quelque lumière là-dessus? faudra-t-il dire que les plantes sont des animaux d'une classe imparfaite ou que les animaux ne sont que les plus sublimes des plantes? Je vous avoue, mon cher Monsieur, que j'ai long[temps]...'' l'on nous disait de la métaphysique et de../ était tout à fait bien fondé. Peut-être ce fait conduira-t-il à bien d'autres qui pourront dissiper quelques parties de nos ténèbres.

Mais je dois déjà vous ennuyer; je dirai donc seulement que je serai toujours, mon très cher ami, votre très humble et très obéissant serviteur.

M. Ffolkes.

A Monsieur, Monsieur le président de Montesquieu^ de l'Académie française, — à Paris, France.

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