‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 372 sur 433 · Conseiller au parlement de Bordeaux · texte numérisé non relu

Conseiller au parlement de Bordeaux

5. C'est au cours des années 1742-1743 que Montesquieu et sa fille Denise, mentionnée dans le post-scriptum, habitèrent en même temps Paria.

je pouvais me flatter que tu es le même à mon égard. Mais enfin, quand bien même cela ne serait pas, tu me fais un plaisir infini de me le dire. Je suis ravie lorsque je reçois de tes lettres et, sans examiner si ce que tu me dis d'obligeant est bien sincère, je m'abandonne à des transports de joie que je ne saurais t'exprimer.

Tu auras été surpris apparemment de la commission que je t'ai donnée à l'apostille de ma dernière lettre; c'est pour faire plaisir à une de mes amies qui m'assura t'avoir entendu dire que l'intendant était de tes amis, ce n'était aussi qu'à cette condition que je te priai de lui parler. Après cela, tu en seras le maître et ta volonté sera toujours la mienne.

Adieu, mon cher ami, je t'aime cent fois plus que tu ne m'aimes; tu verras à ce compte que je suis bien prodigue, je ne le serais pas autant si tu le méritais moins. Au reste M"^ de Guyonnet auraitelle eu le sort de la comtesse? Je n'entends plus parler d'elle. Dis-m'en..."

Adieu, je suis à toi plus qu'à moi-même.

Montesquieu.

Mes tantes te saluent et mes amies particulièrement. Mes amitiés à la belle Denise, supposé qu'elle ait toujours autant de part dans tes bonnes grâces que par le passé. Je t'embrasse de tout mon cœur. Je ne t'écrirai d'un an si tu ne m'écris pas.

A Monsieur, Monsieur de Montesquieu, président à mortier, — à Paris.

a) Deux lignes enlevées par une déchirure.

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