‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 389 sur 433 · MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE

Original. Arch. de La Brède.

A La Brède, ce 20 de mai 1744.

Je crois, ma fille, que j'aurai une occasion de vous faire revenir bientôt auprès de moi et qu'une dame très respectable voudra bien se charger de vous pendant le voyage. Vous ferez un paquet de tous vos habits et linge, et vous en viendrez gaîment à La Brède; vous n'y goûterez pas les plaisirs de Paris, mais vous y serez très bien reçue. Je ne joins point

une lettre pour M''^ l'abbesse, parce que j'en ai écrit une qui ne sera rendue qu'en cas que l'occasion se trouve pour vous faire partir.

Adieu, ma chère iille ; j'ai bien de l'impatience de vous revoir, et vous embrasse de tout mon cœur.

A Mademoiselle^ Mademoiselle de Montesqtiieii, pensionnaire du couvent de Bon-Secours , — à Paris.

Autographe. Bibl. de Bordeaux, Lamontaigne, t. XXX.

A La Brède, le 20 juillet 1744.

Je prends, Monsieur, la liberté de vous demander la grâce de vouloir bien laisser passer mon foin du Brassau par votre allée. Je compte que [ce] sera la dernière fois que je vous importunerai, parce que je vais travailler à faire en sorte que tous les divers particuliers du Brassau et moi fassions raccommoder le chemin et j'ai déjà donné ordre qu'on fit reculer la mer d'eau dans mes possessions. J'espère donc, Monsieur, que vous voudrez bien me tirer d'embarras pour cette année et je serai très sensible à vos bontés que je chercherai toujours à mériter.

J'ai l'honneur d'être, avec tout le respect possible, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

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