MONTESQUIEU A GUASCO
Lettres familières (XI), p. 46. — Laboulaye, VII, 272.
De La Brède, le 10 février 1745.
Je serai en ville après-demain. Ne vous engagez pas à dîner, mon cher abbé, pour vendredi ; vous êtes invité chez le président Barbot. Il faudra y être arrivé à 10 heures précises du matin, pour commencer la lecture du grand ouvrage que vous savez; on lira aussi après dîner: il n'y aura que vous, avec le président et mon nls; vous y aurez pleine liberté déjuger et de critiquer'.
Je viens d'envoyer votre anacréontique à ma fille; c'est une pièce charmante, dont elle sera fort flattée. J'ai aussi lu votre étrenne ou épître pétrarquesque à M™^ de Pontac ; elle est pleine d'idées agréables. L'abbé, vous êtes poète, et on dirait que vous ne vous en doutez pas. Adieu.
1. c L'un de ceux qui assistaient à cette lecture m'a dit que, dès qu'on relevait quelque chose, il ne faisait pas la moindre difficulté de la corriger, de la changer ou de l'éclaircir. » (Guasco.)
2. t II s'agit ici d'une petite pièca de poésie, envoyée pour étrennea de la nouvelle année à Al"* de Montesquieu. Cette poésie a été imprimée dans le Mercure de janvier 174?, avec la traduction en français par iM. Le Franc de Pompignan. » (Guasco.)
325. — MONTESQUIEU A GODEFROY DE SECONDAT. Autographe. Arch. de La Brède.
A La Brède, ce 19 de février 1744 [Corr. 1745].
C'est pour vous dire, mon cher cousin, que nous partirons pour Clairac, le mercredi des Cendres, et que nous avons la même impatience que vous de terminer l'affaire. Les dames vous saluent, et moi je vous embrasse de tout mon cœur.
Montesquieu.
A Moftsîeur, Monsieur de Secondât de Roques, — à Agen.
326. — MONTESQUIEU A GODEFROY DE SECONDAT. Autographe. Arch. de La Brède.
A La Brède, ce 4 mars 1745.
Mon cher cousin,
C'est pour vous donner avis que nous sommes sur notre départ. Nous vous donnerons avis de notre arrivée. Nous arriverons par la poste jusqu'à Tonneins, et de là nous irons à Clairac comme il plaira à Dieu, car je juge les chemins effroyables. Madame de Montesquieu vous mande qu'elle n'a même pas de domestique pour sa fille, parce qu'elle croit qu'il conviendra mieux que vous les preniez vous-même à Agen, dans le temps.
4f2 CORRESPONDANCE
Je vous désire une bonne santé; [j'ai] un grand désir de vous voir. Nous vous saluons tous, et je vous embrasse de tout mon cœur,
Montesquieu.
A Monsieur^ Monsieur de Secondât de Roques, — à Agen.