BULKELEY ■ A MONTESQUIEU
Autographe. Arch. de La Brède.
A Versailles, ce lo' septembre 1723.
Est-ce l'amour ou les affaires qui vous empêchent de songer à vos amis, mon cher Président? J'ai appris votre arrivée dans nos états par le public, quoique vous m'ayez promis de m'en instruire vous-même. Si ce pays-ci avait fourni quelque chose digne de votre attention, vous auriez reçu plus tôt de nos nouvelles, mais il n'est question que de chasses; il me semble que l'ennui s'est emparé de la Cour depuis que vous n'y paraissez plus; il n'y a ni jeu, ni veilles, et même peu de soupers; si le retour des colonels ne nous égayé pas, j'aimerais mieux la maison de M. de Lacaze^ que celle de Louis XV. Je vous crois à présent à vos vendanges, finissez promptement et revenez aussitôt, mais en attendant donnez-moi de vos nouvelles.
M*"^ de Maillebois5 m'a chargé de vous faire ses compliments et ses reproches; elle est dans une grande affliction de la mort de son amie M""^ de Boulainvilliers ', que la petite vérole lui a enlevée. Je suis fort inquiet du fils de M. le duc de Duras >, qui l'a. A l'égard de nouvelles, je n'en ai point, il me
1. l'"rançois, comte de Bulkeley, lieutenant-gcnéral, né à Londres le 1 1 septembre 1086, mort en 1756; beau-frère du maréchal de Berwick.