MONTESQUIEU A GUASCO
Lettres familières (XIX), p. y5. — Laboulaye, VII, 290.
De Paris, i" mars 1747.
J'ai parlé à M. de Boze' : il m'a renvoyé assez rudement et assez maussadement, et m'a dit qu'il ne se mêlait pas de ces choses-là; qu'il fallait s'adresser à M. Fréret- et à M. le comte de Maurepas ; que c'était la chimère de ceux qui avaient gagné un prix de croire qu'on les recevrait d'abord à TAcadémie. Je ne sais pas s'il n'aurait pas quelque autre en vue. Je parlai le même jour à M, Duclos, qui me paraît d'assez bonne volonté; mais c'est un des derniers. Or vous ne pouvez avoir M. de Maurepas que par la duchesse d'Aiguillon, votre muse favorite'. Vous savez que je suis brouillé avec M, Fréret. Vous ferez donc bien d'écrire à M"^® d'Aiguillon ; si je le lui propose, il est sûr et très sûr qu'elle n'en fera rien; mais, si vous écrivez, elle m'en parlera et je lui dirai des choses qui pourront l'engager. Si vous gagnez encore un prix, cela aplanira les difficultés. Le P. Desmolets m'a dit que vous travailliez; moi je travaille de mon côté ; mais mon travail s'appesantit.
Le chevalier Caldwell m'a écrit que vous étiez tenté d'aller avec lui en Egypte; je lui ai mandé que c'était pour aller voir vos confrères les momies. Son
1. Cl. Gros de Boze (i ôSo-iySS), membre de l'académie des Inscriptions et de l'Académie française.