BERTHELOT DE JOUY A MONTESQUIEU
Autographe. Arch. de La Brède.
A Baye, ce i' août [1724].
iM"i= de Pléneuf a été tout à fait sensible, Monsieur, aux honnêtetés dont la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire est remplie pour elle; mais si vous la voulez persuader entièrement, il faut que vous arriviez ici au plus tôt. Ainsi, obtenez votre brevet incessamment et partez; la poste vous amènera de Paris à La Ferté où l'on vous fournira des chevaux qui vous conduiront à Vieuxmaisons. En ce dernier endroit, aussi bien qu'à Montmirail, quoique ce ne soit pas deux lieues de poste, vous trouverez des chevaux qui valent ceux de la poste, et de bons postillons, en disant que vous venez à Baye : c'est à Vieuxmaisons, chez Pignart, et à Montmirail, chez Liébert.
Je vous avoue que je serai charmé de vous voir ici, car l'envie que j'en ai me fait toujours douter de ce bonheur-là. Rassurez-moi donc par votre présence.
J'ai fait vos compliments à M""= Gervais et à ^,£me jjg Pléneuf, qui m'ordonnent de vous faire les leurs.
A l'égard de M™^ Berthelot, à qui vous souhaitez que je parle de vous, elle me marque qu'elle a bien peu l'honneur de vous voir. Faites, s'il vous plaît, cesser ses plaintes, et soyez bien persuadé de l'attachement infini avec lequel je suis. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Berthelot.
DE MONTESQUIEU 5g