‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 80 sur 433 · Josepli de Secondât, abbé de Faize · texte numérisé non relu

Josepli de Secondât, abbé de Faize

2. Jacques-François de Fitz-James, duc de Liria (Knj'j-i 7>S), fils aîné du maréchal de Berwick, alors brigadier des armées du roi d'Espagne.

m'écrire du 20 du passé. Je suis très sensible au compliment que vous me faites sur le bruit qui avait couru que je devais être auprès de la reine douairière ' ; vous en aurez depuis su la fausseté ; mais je vous avoue que, dans la situation présente des affaires, je ne voudrais point pour toutes choses au monde avoir été choisi pour aller avec elle en France. Vous la verrez incessamment à Bordeaux avec M"' de Beaujolais, sa sœur, qui est partie d'ici le 20, aussi bien que M. l'abbé de Livry-.

Dites-moi, je vous prie, mon cher Président, votre cour a-t-elle perdu l'esprit? Car il faut l'avoir perdu pour faire un pas comme celui qu'elle vient de faire. Si cette affaire s'était passée de la façon que M. le Duc l'a gouvernée entre deux particuliers, il y a de quoi s'égorger l'un l'autre. Écrivez-moi, je vous prie, un peu plus souvent, c'est-à-dire si le commerce entre les deux nations ne s'interrompt pas. Conservez- moi une part dans votre amitié, et soyez persuadé de celle que vous professe à jamais, mon cher Président, votre très humble et très obéissant serviteur.

LiRIA.

A Monsieur, Monsieur de Montesquieu^ président à mortier du Parlement, — à Bordeaux.

1 . Elisabeth d'Orléans, tille du Régent, veuve de Louis l" roi d'Espagne.

2. Chargé d'affaires à Lisbonne. 11 avait remplacé à Madrid Tessc, à qui l'on n'avait pas voulu confier la mission de prévenir Philippe V du renvoi de l'Infante, Philippe V venait d'ordonner à l'abbé de Livry, à la veuve de Louis l'f et à M"« de Beaujolais de quitter l'Espagne.

DE MONTESQUIEU yS

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