Poussin a Chantelou l'aîné
(Ms. 13247, fol. loi.)
A Monsieur de Chantelou l'aisné^ A Paris.
de Rome Ce. 5'"™« Nouembre. 1643.
Monsieur
Jei grande enuie sur les Nations lesquelles ne pouuant exprimer de vive vois les plus hautes concepsions de leur esprit ont inuenté certaines figures par la force desquelles il peuuent à autrui faire concepuoir ce quils ont en l'intellect si j'auois se pouuoir facillement en ce petit espase de papier vous pourries mesurer la grandeur de la joye que jei eue lors que tout le
monde m'a assuré du rapel de Monseigneur en Court.
Mais il faut que je me contente de dire q'elle ne se
peut acroistre Ausi je m'imagine que la vostre ariue
audelà de l'infini, vous aurés sil vous plaist pour
agréable que en se transpor je vous tienne compagnie.
ausibien les bienheureux n'ont point d'enuie. Je prie
dieu sependans qu'il vous remplisse de ses faneurs.
et pour fin je vous baise humblement les mains. —
Monsieur
Vostre trèshumble et trèsaffectionné seruiteur
Le Poussin.
Je baise déuotieusement les Mains
à Messieurs vos Cousins.