‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 135 sur 320 · Poussin a Chantelou · texte numérisé non relu

Poussin a Chantelou

(Ms. 12347, fo^- '0^-)

[Enuqye de toutes mes copies et de mes guéridons. Il demande à être le copiste des Sacremens du Cauallier du Puy de tous les sept ou d'une partie ou de les

faire d'une autre disposition. Il fait un grand préambule pour me persuader ce que je deurois désirer auec passion.]

de Rome Ce dousiesme Jenuier. 1644.

Monsieur

Ausitost quil a esté possible de pouuoir rousler la coppie du Ciche je lay auec les autres enquaissée en manière que je crois quelles vous seront rendues bien conditionnées. Néanmoins quand vous les aurés repsues vous les ferés tendre sur chascune leur chassis et lauer avec une esponge et de l'eaue claire que vous ferés essuier incontinent auec un linge demi usé blanc et net. Quand elle seront bien sèche vous y ferés donner le vernix par quelqun qui s'en entende. Si par hazard le papier s'estoit ataché en quelque lieu prenés un peu de suc d'orenge et frottés doucement le lieu et le papier se destachera.

Les six chandeliers sont enquaissés en six autres

I. Un Sanson Napollon, de Marseille, est souvent cité dans la Correspondance de Peiresc, éd. Tamizey de Larroque.

quaisses chascun à par soy. Le plus dilligamment que nous auons peu. La cornice dorée y est enquore. Touttes les sept susdittes quaisses sont couuertes de bonne toille cirée et de grosse toille par dessus et fortement liées de cordes. Ayans trouué l'occasion d'une bonne barque Marseillonise qui estoit preste de partir. J'ay prié Monsieur Guillaume d'Espéot* et Pierre ravel marchand francois demourant icy à Rome de vous faire tenir les sept susdites quaisses par le moyen de leurs correspQdas de Marseille et de Lion.

Voisi si inclus une des polices que j'ay repsues des susdits que je vous enuoye l'autre je me la tiendrai auprès de moy ainsi comme l'on coustume de faire.

Les quaisses sont touttes marquées en teste auec ce présent caractaire "^. Les toilles ou coppies de la plus petite quaisse sont au nombre de noeuf, La Vierge du Chat, la Vierge qui est assise et qui tient sur son giron le petit crist. qui est celle de Mignat. celle d'après le parmesan de Nocret. Celle du vieus. Les portrais de M^ Errard. Le dieu de pitié du Maire. Vostre portraict et la copie, et une petite coppie d'une vierge en pié fette de Claude le rieus.

Je prie à dieu que le tout arriue à bon port et à sauuement.

Tous les jours passés jay trotté chés l'un et chés l'autre pour auoir la patente pour pouuoir tirer hors de Rome les huit bust du Vitelleschi'.

1. Guillaume Des Piots, D'Espiots ou Despiots, marchand fréquemment cité dans les lettres de Peiresc. — « M. Despiots, à qui il ne manque pas des commoditez à toutes heures », comme l'écrit Peiresc au chanoine Menestrier, le 6 février 1637 {Corresp. de Peiresc, éd. Tamizey de Larroque, t. V, p. 809).

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