‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 136 sur 320 · La permission de transporter des anticques a esté · texte numérisé non relu

La permission de transporter des anticques a esté

Mais je nay enquores peu rien faire. Il estvray que croyant un chascun que nostre Curé deust mourir^ cela a été cause du retardement de nostre affere que je ne cesserei de poursuiure jusques à tant que j'en sois dedens ou dehors. Vostre argent est demouré es mains du Sî Arigoni jusques à tant que je sache ce que je dois en faire.

Vostre piastre d'argent pour Lorette est finie. Il ni manque que l'escritture qui faut grauer dessus. Si tost quelle sera prête je la conseignerei au père Charles qui la mandera audit lieu de Lorete.

Jay pensé mille fois au peu d'amour au peu de soin et netteté que nos copistes de profifession aporte à ce quil imitent, et au pris quils demandent de leurs barbouilleries. et me suis esmerueillé tout ensemble comme tant de personnes s'en délectent. Il est vrai que voyant les belles choses et ne les pouuant auoir l'on est contrains de se contenter des coppies bien que mal fettes chose qui à la vérité pouroit diminuer le nom de beaucout de bons paintres si se n'estoit que leurs originaux se voient de plusieurs, qui cognoissent bien l'estréme différence qui est entre eux et les coppies. Mais ceus qui ne voyent autre chose que une mauuaise imitation croyentfacillement que l'original ne soit pas grande chose, et mesme les malings se

quelquefois impossible à obtenir et jamais n'est aysée » (Louis Fouquet à Nicolas Fouquet, 16 avril i655).

I. La santé d'Urbain VIII (qui avait soixante-seize ans) était mauvaise depuis longtemps. Fontenay-Mareuil écrivait, le II février 1641 : « Le pape est très faible : on croit qu'il ne vivra pas longtemps », et, le i" janvier 1642 : « La santé du pape est fort abaissée par sa dernière goutte... » Aussi, fin janvier 1642, Richelieu signale-t-il à Mazarin « la caducité du pape, qui, déchéant à vue d'œil... ».

scauent bien seruir de ses copies mal fettes pour décréditer seux qui scauent plus que eux. Pensant en moymesme toute ses choses jay creu faire bien et pour mon honneur et pour vostre contentement de vous faire scauoir que (demourant icy) je souhetterois estre moymesme le copiste des tableaux qui sontchés Mf le Cheuallier du puis ou de tous les sept ou d'une partie, ou bien les faire d'une autre disposition. Je vous assure Monsieur qu'il vaudront mieux que des coppies, ne cousteront guère plus, et ne tarderont pas plus à estre fets. Et si se n'eust esté que depuis vostre départ jay esté dans une perpétuelle irrésolution j'aurois desià commensé. je scais bien que vous ne m'auriés pas désaduoué et ariue ce qui poura je suis pour y mettre la main en atendans vostre response. Et quand bien il seroit nécessaire de trauailler pour les desseins de la gallerie j'atendray à l'un et à l'autre, sependans portés vous bien, et j'atendrai à me conseruer pour vous seruir.

Monsieur Vostre trèshumble et trèsobéissant seruiteur

Poussin.

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