‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 144 sur 320 · Poussin a Chantelou · texte numérisé non relu

Poussin a Chantelou

(Ms. 12347, fo^' 'HO

[M. Poussin 1 7e mars 1 644.

Il promet de commancer l'ouurage des Sept Sacrements et rend compte des autres affaires.]

de Rome Ce i7"« mars. 1644.

Monsieur

J'ei repseu en même temps deus de vos très chères lettres par l'une et par l'autre vous me monstres que la proposition que je vous ay fette touchant les Sept Sacrement vous a esté àgré ausy me vas-je préparer à vous bien seruir, et laissant à part les autres choses que j'auois pensé de vous faire, j'atendrei seullement à celles icy. et auec d'autant plus de soin et de plaisir que vous me fauorisés de remettre le tout à mon arbitre, tant de la disposition comme de la grandeur des figures et autres particularités. Si je serei si heureus que d'auoir la santé à l'aduenir telle seulement comme l'ay maintenant (néanmoins que la fatigue soit longue) j'espère les auoir bientost fets. et principallement estans délibéré de laisser une infinité de pratiques qui s'offrent tous les jours. En deux choses seullement je me trouue engagé pour des personnes à qui je ne peux dire non. Mais cela s'acommodera auec le temps et sans s'estendre dauantage sur cette matière seci soit dit pour tousiours.

Je vous suplie de ne point traicter de cérimonie auec vostre seruiteur mais de croire seullement que je

n'ay rien en si grande recommandation que vostre seruice. Tout ceque vous m'aués commandé de faire icy est fet. Vos chandeiliers et tableaus sont ariués à Marseille. Mo^ Despior en a eu nouuelles. Vostre lame d'argent a esté enuoyée à Lorete. Vos bust de marbres sont ariués à Ligorno' mais il se présente une difficulté car il ni a point de veseaus et ni en aura point plustost que dans un an qui aillent ou à S'. Maslo ou à Rouen, il nia maintenant que ceux d'Holande qui se partent. Et d'engleterre il ni faut point penser à cause de la guerre. Je vous ay vouleu aduertir de ce qui se passe. Mais deuant que j'aye vos responses si hors de nostre espérance il se présentoit quelque occasion nou nous en seruirons. il m'estoit veneu en la pensée deuant que de les enuoyer par le d'estroit. de les enuoyer à Lion et les faire tenir en quelque magasin, j'usques à tant que le sculpteur qui conduit les statues du Car. Ma.' en passant par ledit lieu de Lion les eust fet passer jusques à Paris auec la mesme dilligense que les sienes. Je luy en auois desià parlé et m'auoit promis de le faire (car il est bien de mes amis). Mais ne sachant pas que ce fust chose bien assurée, je les mandés à Ligorne sans atendre de crainte de laisser quelque bonne occasion. Or maintenant qu'il est bientost prest de se partir je luy veus reparler et voir sil sera de la mesme bonne volonté quil estoit à l'ors. et en cas quil eust changé je ne laisserei pas de vous les enuoyer à Lion là où si par hazard ils demouroint quelcun de vos amis passant

I. « Dans ce temps-là, on disait Ligourne ou Livourne, et plus souvent Ligourne » (Avenel, Corr. de Richelieu^ t. VI, p. 847).

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