Le cardinal Mazarin
par là vous les pourroit faire porter à paris il se part bien souuent d'ici des personnes de cognoissanse qui en passant par Lion vous pouroint les conduire, mais pour bien faire cette affere là parlés en à nos bons amis Serisier^ et Pointel qui ont de bonnes correspSdanses et de bons amis à Lion par le moyen desquels il seroit possible que vos dits bust vous seroint mandés assurément et dilligemment et si par hazar nostre dit sculteur s'oblige à faire cette besongne. vous pouués par auanse ordonner à Lion par le moyen des susdits Serisier et Pointel de la despense quil faudra faire, et comme j'ei dit des personnes qui en ayent le soin. Je vous escriray du succès de cette affere quand il en sera besoin ayés sollement un peu de patiense et tout ira bien. Ce que maintenant je vous dis ne vous doibt pas mettre en paine et nous aurons du temp à penser à tout deuant que les quaisses soint arriuées à Lion.
Pour finir de respondre à quelques autres choses de vos lettres je vous prie de croire que Nostre S'. Père se porte fort bien, il est entièrement hors de la maladie que l'on croioit que en peu de temps le debuoit emporter 2.
C'est comme une folie de craindre les nouueautés et les brouilleries' en France puis que l'on ne les peut éuiter et que jamais elle n'a esté autrement.
1. Cerisier, négociant lyonnais établi à Paris, en face Saint- Merri. Grand admirateur de Poussin, il avait de lui le Corps de Phocion emporté, ses Cendres ramassées, la Fuite en Egypte, la Reine Esther et un portrait du peintre (Bonnaffé, Dict. des amateurs, p. 5i). Dans le Banquet des curieux, il se joint à Pointel : « Pour chanter que Poussin n'eut jamais son pareil. »